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jeudi 23 mai 2024
 
 
 
Activités Nationales

La solution fondée sur l’autonomie est la solution idéale pour le conflit au Sahara

Le dirigeant sahraoui Khalli Henna Ould Errachid, qui, occupe actuellement le poste de président du Conseil Royal Consultatif des Affaires Sahariennes, affirme que la solution consensuelle fondée sur l’autonomie est la solution idéale pour le conflit au Sahara occidental.



Cette déclaration intervient dans une entretien qu’il a donné à « Al Youm », dont le quel, il a évoqué la réalité du conflit, l’action du Conseil Consultatif des Affaires Sahariennes nommé par le Souverain marocain, le Roi Mohammed VI, appelé à jouer un rôle important pour le règlement du conflit pendant la prochaine étape.

Ould Errachid est né en novembre 1951 à Lâayoune à un moment où le Sahara occidental était sous le pouvoir espagnol, alors que les autres régions du Maroc intensifiaient leur révolution armée contre le système du Protectorat.

Il a fondé le parti de l’Union nationale Sahraoui espagnol, connu sous son sigle PUNS. Sous souveraineté marocaine Ould Errachid a été choisi pour occuper le poste de ministre des affaires sahraouies entre 1977 et 1992, dans les divers gouvernements qui se sont succédés au Maroc.

Il a représenté la ville de Lâayoune en tant que député au parlement pendant la période allant de 1977 à 2002. Ould Errachid est considéré comme étant l’un des fondateur du parti du Rassemblement des Indépendants, d’où il s’est retiré en 1982, pour fonder le parti national démocrate. Ci-dessous le texte de l’entretien :

Tourner la page du passé

Al Youm : Commençons par l’amnistie décrété par SM le Roi Mohammed VI au bénéfice de 48 condamné sahraouis sur recommandation du Corcas que vous présidez. Est-ce que cela signifie que le corcas a déjà entamé son travail ?
M. Khalli Henna Ould Errachid:
En effet, c’est une preuve concrète que le Conseil a entamé son action, l’action sérieuse et constructive, l’action politique à un niveau élevé.

Ce pas fait par SM le Roi Mohammed VI pour amnistier ceux qui restent des condamnés des derniers événements survenus dans les provinces du sud (sahraouies), est la preuve incontestable du fait que la politique qu’il a instauré est conforme à ce qu’annonçait son discours du 25 mars dernier à Lâayoune, concernant la réconciliation définitive et totale avec les Sahraouis, en tournant la page du passé avec ses problèmes et en ouvrant une nouvelle page axée principalement sur la construction du Maroc sur des bases solides, fortes et modernistes dans tous les domaines.

Ainsi, la politique actuelle tend à montrer que le projet marocain que dirige le Roi est un projet sérieux et crédible.

Le projet Baker est définitivement enterré

Al Youm : En plus d’avoir recommandé la prolongation de la mission des Nations Unies au Sahara, le dernier rapport de Koffi Annan a invité les parties du conflit à une solution politique juste et acceptée par tous. Est ce que cela veut dire que le projet de James Baker et le referendum d’autodétermination sont définitivement abandonné ?
KOE :
C’est juste, c’est la première déduction qu’on tire du rapport de Koffi Annane, actuellement devant le Conseil de sécurité, en instance de décision.

Ainsi, Koffi Annan réaffirme, d’une manière incontestable que le projet de James Baker est définitivement enterré. Car c’est un projet qui n’est pas adapté à la situation qui concerne le dossier du Sahara.

De la même manière, le projet de referendum fondé sur l’identification qui a occupé les Nations Unies pendant de longues années ne pouvait pas aboutir, car l’Organisation des Nations Unies n’a jamais réalisé de referendum sur la base de l’identification, depuis sa fondation en 1948, pas un seul referendum.

C’est pour cela que ce referendum est irréalisable. Les tribus sahraouies recensées par l’ONU n’habitent pas seulement dans le Sahara marocain, mais aussi dans les pays voisins que sont : l’Algérie, la Mauritanie et le nord du Mali.

Alors si nous voulons organiser un referendum libre, honnête, démocratique et juste, l’opération référendaire doit englober tous les Sahraouis répartis dans ces différents pays. Et cela n’est évidemment pas possible.

D’où l’impossibilité absolue d’organiser un referendum fondé sur l’identification. Il ne nous reste alors, qu’un accord politique qui satisfait toutes les parties.


Le projet d’autonomie rend justice aux Sahraouis


Al Youm : En réaction, le leader du Polisario a qualifié d’injustice le projet d’autonomie vis-à-vis des Sahraouis, alors que le gouvernement marocain par le biais de son porte-parole, Nabil Benabdallah refuse toute négociation avec le Polisario, même s’il  est favorable pour une négociation avec la partie algérienne. Vous en tant que Conseil consultatif sahraoui, quelle est votre position à propos de ces réactions ?
KOE :
Le projet d’autonomie ne constitue aucun préjudice pour les Sahraouis, bien au contraire, c’est une justice qui leur est rendue dans différents domaines.

Premièrement, c’est une justice qui leur est rendue concernant la reconnaissance officielle de leur place au sein de l’Etat marocain, en tant que composante fondamentale de la Nation marocaine, à travers l’histoire.

Deuxièmement, l’autonomie n’est pas inique envers les Sahraouis concernant l’autodétermination, puisqu’elle leur accorde des droits, non seulement économique et sociaux, mais aussi politiques.

C'est-à-dire que c’est un projet qui ouvre pour les enfants de cette région la possibilité d’être les maîtres de leur terre, de gérer leurs affaires eux même.

Il leur permet, sur le plan économique, de jouir de tous les bienfaits et préserve, sur le plan social toutes les coutumes qui leur sont spécifiques, dans un contexte global, celui du Royaume du Maroc. Car, les habitants du Sahara possèdent un lien historique et religieux avec le Roi du Maroc, un lien pour leur enfants, comme pour leur ancêtres, qui ne peut être abandonné sous quelque condition que ce soit, à savoir Al Baiaa. 

Les droits politiques, économiques et sociaux font suite à cette Baiaa. Des droits que comprend l’autonomie.


Prêt à négocier avec le Polisario

Bien entendu et pour mettre en application le projet d’autonomie, nous sommes prêt à entamer des négociations avec les membres du Front Polisario, qui sont nos frère et nos parents, et qui malheureusement, ont été amené par les conditions mondiales et les conditions du Maroc a adopter cette position extrême.

Mais, maintenant ils n’ont plus aucun prétexte pour revendiquer le séparatisme, surtout que toutes les revendications des Sahraouis sont réalisées par le projet d’autonomie.

Concernant le pays frère, l’Algérie, ils disent, eux, ne pas être partie du conflit. Nous leur répondons, en disant, bien, nous avons confiance en ce que vous dites. Et nous leur demanderons donc, de laisser de côté les querelles du passé, du type des problèmes des frontières.

Le règlement de ces problèmes est terminé et ils font partie du passé. Nous leur demanderons donc, de nous aider à entamer les négociations avec nos frères du Polisario pour réunir les Sahraouis et poser les fondements du gouvernement d’autonomie, qui assurera à tous leurs objectifs et buts.

Il assurera au Maroc sa souveraineté définitive. Il réalisera pour les Sahraouis marocains leurs revendications politiques, économiques, sociales et culturelles et préservera à l’Algérie sa dignité, car elle a aidé les Sahraouis pendant tant d’années et les a donc aidé à obtenir quelque chose de concret et ses efforts n’auront pas été vain.

La paix efface ce qui la précède  

Al Youm : Vous avez appelé le leader du Polisario à accepter la proposition d’autonomie et vous avez indiqué que vous êtes près à l’aider à être le premier président de l’autorité d’autonomie, alors que nombreux sont ceux qui demande qu’il soit poursuivi en tant que criminel de guerre, eu égard aux accusations dont il fait l’objet de la part des prisonniers de guerre marocains et des habitants des camps ?
KOE :
Ecoutez, la paix efface ce qui la précède. Et parce que la réconciliation est une partie fondamentale de la paix, alors nous ne pouvons ramener les querelles quand nous nous orientons vers la paix.

Nous sommes près à aider notre frère Mohamed Abdelaziz (le leader du Polisario) à prendre la présidence de l’autorité d’autonomie, de toute notre force et énergie, dans le cadre de la souveraineté marocaine et sous la direction du Roi Mohammed VI. C’est l’expression de notre volonté de tourner la page du passé et d’ouvrir une nouvelle page.

Al Youm : on dit que vous souhaitez rencontrer le président algérien Abdelaziz Bouteflika, où en sont les préparatifs pour réaliser cela ?
KOE :
D’abord, nous avons appris que le président Bouteflika était en consultation médicale, alors souhaitons lui un prompt rétablissement et une bonne santé.

Concernant la réponse à votre question, j’ai effectivement sollicité de SM le Roi l’autorisation de discuter avec le président Bouteflika et avec le gouvernement algérien, parce que nous voulons leur dire directement que nous sommes d’authentique Sahraouis et que la majorité des Sahraouis qui vit sous la souveraineté marocaine considère que l’autonomie est l’unique moyen pour réaliser la réconciliation et que cette autonomie nous suffit.

Le continent africain est plein de problèmes et de crises. Les pays pauvre fondé sur des bases tribales n’ont pas réussit. Il y a la Somalie, le pays arabe et africain frère, dont le principal problème est constitué du désaccord des tribus qui le compose. Regardez ce qui se passe aujourd’hui au Darfour à l’ouest du Soudan, où s’entretuent les tribus….

Ainsi, la construction d’une petite entité fondée sur des bases tribales est impossible, car elle sera une zone de tension qui provoquera des drames dans le Maghreb arabe et le continent africain, et même dans le monde.

Al Youm : Avez-vous entamé vos contactes avec les tribus sahraouies aussi bien à l’intérieur du Maroc qu’à l’extérieur ?
KOE :
Bien sûr, depuis le premier jour, 25 mars dernier, nous avons entamé nos contactes intérieurs et extérieurs pour expliquer ce pas historique.

Un pas sans précédent au Maroc, qui aboutira, sans doute à la réconciliation historique. Nous avons commencé à expliquer la proposition, aux citoyens, à travers les moyens d’information et de communication. Et conformément aux premières réactions, la majorité des Sahraouis est satisfaite de ce projet. 

Source : « Al Youm Assiyassi »
- Actualité concernant la question du Sahara occidental -

 

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