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lundi 20 mai 2024
 
 
 
Activités Nationales

Le Président du Conseil Royal Consultatif des affaires sahariennes (CORCAS), M. Khalihenna Ould Errachid, a affirmé, dans un entretien accordé le 28 avril à l'hebdomadaire "La Vérité", que l'autonomie que propose le Royaume pour les provinces du sud "préservera essentiellement les intérêts et les spécificités marocaines", ajoutant toutefois que ceci "ne nous empêche pas de nous inspirer des expériences existantes de par le monde".

Voici l'intégralité de l'interview:

"Le passage du président du Conseil royal consultatif pour les affaires Sahariennes ( CORCAS) a donné lieu à divers commentaires, qui ne lui ont pas tous été favorables. Certains sont allés jusqu'à reprocher à Khalihenna Ould Errachid une certaine proportion à l'enfermement. Et ce, dans la mesure où il a semblé exclure toute responsabilité d'Alger et son ingérence dans le dossier du Sahara. Notamment, en réduisant la problématique à un différend maroco-marocain. En effet, on ne peut suivre le militant de la cause de la marocanité du Sahara K.Ould Errachid, qui fit partie des premières élites de la région à avoir rallié la mère patrie, lorsqu'il blanchit totalement l'Algérie.

Seulement, il faut se mettre dans la peau de quelqu'un qui a vécu la genèse du mouvement séparatiste. On ne peut s'empêcher, dès lors, de relever que le côté marocain a manqué de pédagogie et de sens de l'écoute. On ne saurait être oublieux de cet épisode de la bastonnade à Tan Tan, à la suite d'une manifestation réclamant en 1973 la libération du Sahara marocain. De guerre lasse, les jeunes militants d'origine sahraouie ont décidé de se redéployer autour d'un programme de libération qui ne trouvait guère anormal, au moment où la Libye et l'Algérie revendiquaient la paternité des mouvements de libérations de par le monde - de s'adresser à Alger et à Tripoli. D'où le congrès de Attar (dans le nord de la Mauritanie) qui a abouti à la mise au point de la charte de 22 points, constituant le Polisario. Ceci est intervenu dans le contexte des clivages que l'on sait, que ce soit sur le plan international marqué par la confrontation entre le bloc de l'Est et celui de l'Ouest, mais aussi régional et arabe qui, après le décès de Jamal Abdennasser, le legs nassiri a été récupéré par le jeune capitaine Kaddhafi. Ce dernier finançait à l'époque, publiquement, le mouvement IRA, voire qu'il déclara son soutien au coup d'Etat raté en 1971 contre la monarchie marocaine.

Ceci étant le décor. Maintenant, les choses ont changé et les propos de Khalihenna Ould Errachid, dans l'entretien qu'il a accordé à La Vérité, recadrent ses déclarations. Le fondateur du parti de l'Union nationale sahraoui ( PUNS) en 1974, précise sa vision. Le pourquoi et le comment de son approche. Le président du CORCAS étonne et l'assume. Bien que ce ne soit pas son dessein, il décline ses idées et les défend. L'homme qui était « dans » le dossier et qui a traversé ses évolutions depuis les années 70 semble privilégier le côté positif des choses. Pour lui, l'implication de l'Algérie n'est qu'une ramification d'un problème dont la genèse est intrinsèque au royaume. Or, c'est cela le point d'inflexion que constitue, à ses yeux, le discours royal du 25 mars dernier. Plus encore, dans ce dossier, il va falloir parler d'un avant et d'un après 25 mars.

Reste à savoir comment les choses vont évoluer ? Le président du CORCAS exprime son optimisme dont il dit qu'il n'est pas naïf. De même qu'il nous développe sa vision sur le projet d'autonomie qui devra, aboutir, à clore définitivement ce dossier.

La Vérité: Votre passage sur le plateau de l'émission Hiwar de la première chaîne de télévision nationale n'a pas laissé indifférent. Quelle lecture faites-vous des réactions, notamment celles sur les colonnes des journaux, que cela a suscitées?
Khalihenna Ould Errachid : Franchement, je n'ai pas eu le temps de tout lire. Toujours est-il que je suppose que les réactions relèvent certainement de tout ce qui a trait à aborder un discours nouveau. En effet, c'est une nouvelle politique que Sa Majesté a voulu développer pour le bien du Maroc.

Quels en sont les contours ?
En bref, il s'agit d'un changement radical. En fait, le discours royal du 25 mars 2006 constitue un changement historique. Le principe est qu'on a décidé de faire les choses autrement pour en finir une bonne fois pour toutes avec le dossier du Sahara. Mais, d'une manière beaucoup plus intelligente, dans le sens où il ne s'agit pas d'une manœuvre politique, encore moins d'une tactique ou d'une stratégie. Le discours de Sa Majesté est l'expression d’une volonté royale d'amener à la réconciliation totale, globale et générale de l'administration avec les Sahraouis.

Donc, un changement d'approche…
Ce n'est pas une approche. C'est une nouvelle politique dans tous les sens du terme. En fait, une approche, par essence, découle du momentané. Elle est, pour ainsi dire, limitée dans le temps, puisque censée résoudre une situation conjoncturelle. Non, c'est une nouvelle politique que Sa Majesté a inaugurée à Laâyoune. Le Souverain a ouvert la voie historique pour la réconciliation définitive, avant de résoudre quoi que ce soit. Il a mis les bases de cette réconciliation et celle-ci va aboutir à la clôture de ce problème dans ses aspects politiques, économiques, sociaux et culturels. Dès lors, on ne peut pas parler d'approche. C'est une nouvelle politique dont l'objectif essentiel est de résoudre le problème du Sahara, de renforcer l'unité pas uniquement territoriale, mais nationale du royaume et de créer un nouveau Maroc sur le plan de l'implication politique et de la participation de toute la population à la gestion politique et économique des affaires de l'Etat.

Comment ceci pourra être décliné dans les faits ?
Le Conseil Royal a déjà entamé les démarches d'ordre pédagogie et d'explication. Et l'amnistie royale des 46 Sahraouis donne la démonstration pratique sur cette voie de réconciliation, question d'en finir avec les problèmes concernant les droits de l'homme et ce qui en relève. Et tous les jours, il y aura un changement dans ce domaine-là comme dans d’autres. En fait, c'est une politique qui ne va pas s'arrêter parce qu'il y a eu l'amnistie. Elle va se poursuivre en se déployant, petit à petit, pour arriver à l'objectif final qui n'est autre que de tourner la page de l'affaire du Sahara, que ce soit avec les Sahraouis au niveau national ou avec les voisins. Et évidemment, il y aura un nouveau Maroc qui va naître, parce que appliquer l'autonomie au Sahara implique un nouveau Maroc.

Vous faites preuve d'un grand optimisme…
Mon optimisme n'est pas naïf. C'est un optimisme qui est basé sur la confiance que les Sahraouis commencent à avoir. Or, c'est grâce à cette confiance que va émerger la solution. Parce que c'est justement le manque de confiance qui a créé et exacerbé le problème. Nous allons reconstruire cette confiance.

Au niveau du CORCAS, comment entendez-vous vous y mettre ?
Nous nous sommes mis au travail dès le 25 mars même. Sur le terrain, c'est le contact avec la population. Nous sommes en communication permanente. Vous savez, les Sahraouis sont des vases communicants…On communique tous azimuts. La crédibilité du Conseil Royal est d'amener les gens à adhérer massivement à la politique de Sa Majesté, au choix définitif, démocratique et transparent de l'autonomie pour résoudre le problème du Sahara et nous engager sur d'autres fronts.

Pour la précision, qu'est-ce que vous mettez au juste dans le terme «autonomie», par rapport aux expériences déjà connues sous d'autres cieux…
Le Maroc est un royaume et les autonomies dont on parle sont celles qui marchent dans les pays démocratiques. Je pense à l'Espagne, à l'Allemagne, à Italie, à la France ou à la Grande- Bretagne. Toujours est-il que nous n'allons pas copier un modèle déterminé, d'autant plus que chaque pays a ses particularités. Elle sera une autonomie marocaine qui préservera essentiellement les intérêts et les spécifités marocaines. Mais, ce qui ne nous empêche pas de nous inspirer des expériences existantes de par le monde.

Comment imaginez-vous, en tant que président du CORCAS, mais aussi homme politique très impliqué dans le dossier, les contours de cette autonomie ?
Ecoutez, les contours de l'autonomie sont connues. Ce sont plutôt les détails qui restent à préciser. Le Sahara va demeurer marocain dans son ensemble. Le premier symbole de souveraineté, ce sont les liens directs avec Sa Majesté, le garant de l'unité et des institutions, et le commandeur des croyants. Ceci relève du fondamental. Deuxièmement, il y a tous les attributs de souveraineté. Maintenant, concernant, les détails, ils vont faire l'objet des discussions au cours des prochaines semaines au sein du Conseil.

Nous allons dès lors nous atteler à ficeler un projet qui soit conforme à la volonté royale, à ce que le Maroc veut faire. Ce projet respectera toutes les spécificités du royaume. Il ne sera pas question de copier un quelconque modèle. Nous allons établir un projet qui préserve les intérêts fondamentaux du royaume et qui résout ce problème définitivement. D'ailleurs, ce ne sera pas un projet uniquement limité au Maroc, mais il va révolutionner l'Afrique et les pays arabes et musulmans. D'autant qu'il n'y a jamais eu de précédent dans ce domaine-là. Cela va créer une jurisprudence au niveau du continent.

Certains observateurs estiment qu'il y a risque que l'idée de l'autonomie ne se baserait sur l'aspect ethnique...
Non. Il s'agit de gens qui jugent les choses avant qu'ils n'aient lieu. A mon sens, il ne s'agit que de commentaires certes libres, mais déjà trop partiaux. C'est de l'imagination trop imaginée !

Vous avez aussi étonné plus d'un lors de votre passage télévisuel…
J'ai été nommé pour étonner…

…en disant par exemple qu'il s'agit d'un problème maroco-marocain et que l'Algérie n'a rien à voir dedans. On n' a pas exactement saisi le fond de votre pensée…
Pourtant, c'est clair. J'ai dit, clairement, que le problème du Sahara est un problème intérieur marocain qui a eu des implications internationales. Et dans ses ramifications internationales, l'Algérie a été impliquée. Parce que nous avons eu, dans le passé, un différend avec l'Algérie concernant les frontières. Lorsque le problème du Sahara a éclaté, celui des frontières existait encore. D'ailleurs l'Algérie d'aujourd'hui n'est pas celle dont on parle. A l'époque, c'était un pays du parti unique, socialiste, etc. Ce n'est plus le cas actuellement. L'Algérie est devenue pluraliste, démocratique, où évolue une presse libre, et dont le peuple s'exprime. Maintenant, j'ai fait une constatation de ce que je vois et de ce que j'entends.

D'abord, la constatation que l'origine de ce problème est un conflit entre les différentes administrations et les Sahraouis, dont les origines remontent à 1956. En fait, lorsque le Maroc a reconquis son indépendance, on ne s'est pas reéllement intéressé aux Sahraouis. Et au moment où la première génération des Sahraouis a commencé à parler politique, notamment les évènements de l'université Mohammed V, il y a eu le choc. Et c'est ce « choc originel » qui a créé le Polisario. Au début, c'était une rébellion de revendications de droit. C'était un SOS pour attirer l'attention.

De par le contexte de l'époque, marqué par la guerre froide et les conflits régionaux, l’une des conséquencea été que nous en avons fait les frais. Et c'est à ce niveau où se trouvent les implications internationales d'un problème, qui était à l'origine un problème strictement interne. Et c'est exactement cette problématique, ce noeud essentiel que Sa Majesté Mohammed VI a résolu le 25 mars 2006 à Laâyoune. Peut-être que beaucoup de gens ne comprennent pas cela encore. Le Souverain a répondu à cette problématique, parce que c'est elle l'essence même de ce problème. Après, on traitera les autres problèmes qui sont, à mon avis, accessoires.

Quant à l'Algérie, pays voisin, ami et non moins frère elle dit qu'elle n'est pas impliquée dans l'affaire. Ses responsables déclarent qu'ils n'ont pas de revendications sur le Sahara, mais qu’ils ont abrités les Sahraouis parce qu'ils sont venus chez eux… Dès lors, je les crois et c'est pour cela que je les appelle à nous aider à nous entendre entre nous. Ce que demandait le Polisario, ce que demandaient les Sahraouis c'est qu'ils doivent avoir les droits politiques, économiques, sociaux et culturels. C'est fini, c'est garanti. C'est, exactement, l'objectif essentiel de l'autonomie.

Mais, le discours algérien est ambigu et contradictoire. D'une part, ils avancent ne pas être impliqués et de l'autre on les voit soutenir les séparatistes
… Je parie sur la partie positive du discours algérien, je ne parie jamais sur le côté négatif…

Est-ce à dire qu'il va falloir capitaliser sur l'aspect positif…
Absolument. Ce n'est pas uniquement une nécessité, mais un devoir de le faire.

Vous avez également déclaré que Abdelaziz pourra être président du gouvernement local autonome...

Sur la base de certains préalables. Dont la présentation de l'allégeance à Sa Majesté, la reconnaissance de la souveraineté marocaine, etc. Le cas échéant, je ne vois absolument aucun inconvénient à cette éventualité, je l'aiderai même.

Pourtant, il a toujours brandi les menaces…
Mais, c'est mon frère, c'est notre frère à tous. Mohamed Abdelaziz est un Marocain comme tous les autres. Certes, c'est un Marocain qui a des idées farfelues, mais c'est un frère, comme Fkih Basri ou comme tous les opposants qui ont été condamnés à mort. Qui par la suite ont parcouru le monde, mais qui sont actuellement intégrés dans la société marocaine. Certes, son opposition a été armée, mais, pour moi, Mohamed Abdelaziz, s'il change de cap, est un Marocain comme tous les autres, qui pourra jouir de tous les droits comme tous les autres…

Certains commentaires disent que vous dépassez vos prérogatives…
Je parle d'aucun secteur autre que l'affaire du Sahara.

Le conseil a les mains libres sur tout le dossier ?
La première mission du CORCAS est d'aider Sa Majesté le Roi à préserver l'intégrité territoriale et l'unité nationale du royaume du Maroc.

Justement sur le CORCAS, et plus particulièrement sur sa composition, on a assisté à quelques protestations de tribus sur la question de représentativité...
C'est tout à fait normal. Le fait que tout le monde veut être dans le CORCAS le crédibilise déjà. C'est pour moi un très bon indice de crédibilité.

Au fait, tout le monde est concerné, même si tout le monde n'est pas dedans...
...Absolument. Toute personne qui pourrait apporter ne serait-ce qu'un peu à notre mission est impliquée. Nous allons faire appel à toute personne qui pourrait amener la plus petite contribution pour la consolidation de l'unité nationale.

Comment vous travaillez ?
Très professionnel

C'est-à-dire…
Nous travaillons déjà depuis le 25 mars, de manière rapide, démocratique et spontanée.

Vous avez également surpris quand vous avez parlé de gestion catastrophique, certains ont rappelé que vous étiez quand même ministre, président du conseil municipal de Laâyoune…
...C'est parce que les gens n'ont pas toutes les données, ne connaissent pas, ou qu’ils feignent d’oublier l'histoire. J'étais ministre durant la période de la guerre. J'étais chargé de deux missions essentielles. D'abord développer le Sahara- devenu ce qu'il est grâce aux efforts et à l'action de l'Etat marocain, depuis 1975. D’ailleurs, on a transformé le Sahara, jour après jour, et pendant une période difficile. Bref, ma mission était de transformer la région pour la hisser au rang du reste du royaume. De même qu’on a pu transformer une société nomade en une société sédentarisée, on a transformé l'économie, on a amené le bien-être là où il n'y en avait pas…

Par ailleurs, j'étais aussi chargé des autres implications politiques, soit concernant l'appui à tous les aspects de la bataille marocaine de l'époque et à la défense de toutes les missions dont m'avait chargé SM le Roi feu Hassan IIau niveau interne ou au niveau international. Pendant la guerre, nous avons résolu tous les problèmes que cela impliquait. Le Maroc a gagné la guerre. Cette bataille-là a été gagnée dans ses aspects militaires, politiques et interne, notamment le développement de la région. Le problème ne s'est pas manifesté qu'au lendemain du cessez le feu. Je n'ai pas parlé de gestion catastrophique, mais d' un énorme relâchement. Et ce dernier nous avait fait perdre tous les acquis que nous avons pu engrangé avant.

Mais, il y a eu également ce côté de la gestion sécuritaire…
Non. Ce qu’il ne faut surtout pa oublier est qu’ il y avait une gestion qui découlait de l'état de guerre. Nous ne pouvons analyser une situation déterminée en la sortant de son contexte. Toute la gestion a été menée dans ce contexte-là. Je pense personnellement que la période de la guerre a été bien menée. Le problème politique, sécuritaire, voire une perte de boussole a eu lieu au lendemain du cessez-le-feu.

Et maintenant, estimez-vous que le Maroc a retrouvé son sud ?
Le sud a été toujours trouvé. La question est surtout au niveau de l'orientation qui est, maintenant, bien indiquée.

Au niveau international, quelles seront vos actions prévues ?
Nous allons établir un plan d'action qui couvre tous les aspects du dossier du Sahara, sur le plan politique, économique, social…

Certains ont aussi tenté de faire votre procès sur la gestion locale…
D'une manière erronée, il faut dire. Je réponds d'abord que je ne suis pas un homme d'affaires. Je ne suis impliqué dans quoi que ce soit. Je ne suis concerné par quoi que ce soit. J'ai rempli les missions dont m'avait chargé feu SM le Roi Hassan II et celles dont m'a chargé SM le Roi Mohammed VI. Donc, je ne fais que mon travail.

Le reste…
Bon, si on a quelque chose à me reprocher personnellement qu'on me le dise! Mais ce ne sont que des « on a entendu » et « on a dit ». Je ne suis ni dans le sable ni dans la pêche. Je n'ai jamais eu le moindre privilège de l'Etat.

C'est aussi un retour fracassant du politicien Khalihenna Ould Errachid, après une traversée de désert, si on ose dire…
Je ne sais pas si on peut parler de traversée de désert. D'abord je suis un nomade habitué à traverser le désert. Donc, je suis plus résistant que les non nomades. Cette période était, en revanche, très importante, parce qu'elle m'a permis d'observer le paysage national, et en même temps je me suis attaché à ma mairie à la ville de Laâyoune. D'autant qu'il s'agit d'un travail qui me passionne et m'implique dans des problèmes de transformation d'une cité, d'un centre urbain. Je suis resté dans ma mairie à travailler tout en observant. Sans pour autant m'éloigner des problèmes nationaux.

La politique ne vous a pas manqué…
...Disons que oui. J'aime la politique, c'est mon domaine de prédilection…

Avec la nouvelle mission, comment sera Khalihenna Ould Errachid ?
Dans ma vie, on ne peut pas me caser dans des clichés. J'ai toujours des idées particulières à moi…

Le fait de déranger, cela vous procure de la satisfaction personnelle…
...Pas particulièrement. D'ailleurs je ne le fais pas par dessein de déranger. Je fais ce que je fais parce que je crois que cela apporte quelque chose de positif à la cause nationale. Ce n'est pas du tout par volonté de provoquer, mais par conviction.

Si on vous demandait de vous identifier…
C'est très difficile. Cela me gêne de parler de moi-même. D'ailleurs les nomades n'aiment pas parler d'euxmêmes. Je suis un Marocain qui appartient au Sud, qui n'a pas été éduqué dans le moule général du nord, mais qui s'est adapté vite au moule national dans son ensemble. Et j'essaie de donner une voie du sud. Parce que j'estime qu'il faut être habitué à quelque chose qui ne vient pas toujours du nord. Peut-être c'est cela le côté qui nous manque le plus : il faut qu'on apprenne à écouter le Sud et le Nord.

 

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