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lundi 20 mai 2024
 
 
 
Activités Nationales

Khalihenna : Le Polisario n’est pas un mouvement de libération, mais séparatiste

Ould Errachid est considéré comme l’un des plus connaisseurs de longue date, de la politique franquiste au Sahara occidental. Il était le leader du Parti de l’unité nationale sahraouie, jusqu’à ce qu’il change son engagement et jure fidélité à Hassan II, et ceci, quelques temps seulement avant la Marche verte, par le biais de laquelle, le Roi a donné ses ordre pour occuper l’ancienne colonie espagnole.



Actuellement, il préside le conseil municipal de Laâyoune et il a été nommé, dernièrement, par le Roi Mohammed VI, Président du Conseil Royal Consultatif des Affaires Sahariennes. C’est avec certitude, un attaquant marocain, qui essaye d’imposer le plan d’autonomie, que Rabat estime à même de lui rendre le Sahara occidental.

ABC : Quel changement y-a-t-il eu depuis trois décennies, pour que vous vous transformiez du leader du Pari de l’Union nationale sahraouie, créé par Franco, en homme qui a juré fidélité au Roi du Maroc ?

Khalihenna Ould Errachid : J’ai vu qu’il était impossible de créer un micro-Etat fondé sur le tribalisme et j’ai pensé que les liens avec le Royaume du Maroc étaient suffisamment très forts, pour que nous conservions les mêmes moyens, plus que si nous étions indépendantistes et pour faire pencher la balance du côté de l’unité avec le Maroc. Nous avions servit fondamentalement, le consensus historique entre l’Espagne et le Maroc. C’est pour cela et contrairement à ce que prétendent certains, l’Espagne ne nous a pas abandonné et n’est redevable de rien aux Sahraouis. Nous avions choisit l’unité et l’Espagne a fait ce qu’elle devait faire du point de vue historique, à savoir contracter un accord avec le Maroc.

ABC : Quel est votre travail actuellement au Corcas ?

Khalihenna Ould Errachid : Notre travail est fondamentalement, d’appliquer la décision de Mohammed VI, de mettre rapidement au conflit sahraoui et de préparer les conditions psychologiques, économiques, sociales, politiques et diplomatiques de l’autonomie.

ABC : Le rapport du Secrétaire général  des Nations Unies, Kofi Annan, a insisté sur le fait que même s’il n’est pas possible de continuer le plan de Baker, le plan d’autonomie n’est pas valable en tant que solution. Dans tous les cas, il faut respecter la libre volonté des Sahraouis. Comment on voit cela au Corcas ?

Khalihenna Ould Errachid : Le rapport de Annan dit que le plan Baker est inapplicable, car il prend en compte la question centrale qui est, le Maroc n’accepte pas que parmi les choix, il y ait l’indépendance. La seule solution est l’autonomie, car il n’en résulte ni  vainqueur, ni vaincu. Le Maroc obtient sa souveraineté et les Sahraouis leurs droits.

ABC : Vous avez envoyez des lettres aux Sahraouis et au associations espagnoles sympathisante. Il y a eu la surprise que vous n’avez pas qualifié les réfugiés de "séquestrés ", comme à l’accoutumer. Et vous n’avez pas appelé le front Polisario avec le qualificatif de "l’une des deux parties du conflit".

Khalihenna Ould Errachid : J’ai qualifié le Polisario de frères. Les Sahraouis sont très divisés. Ils ne sont pas tous avec le Polisario et ils ne sont pas tous avec les séparatistes. Ils représentent le tiers des habitants, qui se trouve dans les camps de Tindouf, à l’exception du Polisario qui se prétend séparatiste et je ne dis pas indépendantiste, mais séparatiste, car les dirigeants du Polisario sont d’abord marocains.

ABC : Annan a encouragé les parties à négocier directement. Croyez-vous, qu’il soit possible de voir les membres du gouvernement marocain et les membres du Polisario réunis autour la même table très prochainement ?

Khalihenna Ould Errachid : Il n’y a pas d’autre choix pour résoudre le conflit du Sahara. Le choix du referendum basé sur l’identification n’a jamais atteint ses objectifs, nulle part dans le monde. Nous savons qui sont les tribus sahraouies. Mais, elles vivent au Sahara, en Algérie, en Mauritanie et au Mali. Pour que nous organise un referendum véritable, fondé sur l’autodétermination, il faut changer la carte, pour intégrer ces espaces géographiques. Et comme ce choix n’est pas possible, alors le Polisario a une occasion historique pour mettre fin au conflit. Car, c’est un conflit entre les Sahraouis, et non entre le Maroc et le Polisario.

ABC : Avez-vous des contacts directs avec le Polisario ? Et qui est votre interlocuteur ?

Khalihenna Ould Errachid : Nous avons des contacts avec tout le monde, à l’exception de Mohamed Abdelaziz, le leader du Polisario, dont je ne dispose pas du numéro de téléphone. Et si le journal ABC, peut m’aider à le trouver, je lui parlerais tout de suite.

ABC : Le Polisario et de nombreuses associations, y compris marocaines, protestaient en permanence, contre l’existence de 13 prisonniers politiques sahraouis à Laâyoune et dans de nombreuses prisons marocaines…

Khalihenna Ould Errachid : Pas du tout. (Depuis la grâce royale du 22 avril), ils ont tous été libérés. Il n’y a plus aucun d’entre eux en prison, sous l’accusation de pratiques d’activités politiques. Et dans l’avenir, rien de cela ne se produira.

ABC : Il y a eu des dépassements, ces derniers mois ?

Khalihenna Ould Errachid : Dans toutes les régions, il y a des dépassements, pas seulement du coté des forces de sécurité. Toute personne a droit à la liberté d’expression, mais elle ne peut utiliser les pierres et la violence. Au Maroc, il est interdit de faire l’apologie du séparatisme, exactement comme l’Espagne interdit l’apologie du terrorisme. Si on ne comprend pas cela, on ne comprendra pas les comportements des agents de sécurité de cette manière.

ABC : Prochainement, ce qui est qualifié  d’Intifada sahraouie, bouclera sa première année. Elle s’est caractérisée par une série d’affrontements. Que cherchent les Sahraouis qui l’ont soutenu ?

Khalihenna Ould Errachid : J’ai des réserves quand à l’appellation Intifada, car elle est spécifique au Palestiniens. Parler d’Intifada est injuste, car l’Intifada est une grande révolution dirigée par le peuple. Ce qui est arrivé est qu’on a brandit le drapeau du Polisario et c’était très limité.

ABC : Les droits de l’homme sont-ils respectés dans les villes telles que Laâyoune, Dakhla, Smara et Boujdour ? Y a-t-il une liberté d’opinion ?

Khalihenna Ould Errachid : Il y a une liberté d’opinion totale, sauf quand il y a usage de la violence. A Laâyoune et à Smara, malgré l’usage de la violence et l’interdiction des drapeaux du Polisario, il y a la démocratie. Dans les camps, il n’y a absolument aucune liberté. Ce sont des camps staliniens, qui n’ont pas d’égale dans le monde, ni au Darfour, ni en Palestine….Le Polisario impose une pensé et une idéologie uniques, à savoir le séparatisme.

ABC : Pourquoi Rabat interdit l’entré des délégations espagnoles au Sahara ? Cela ne représente-t-il pas un problème pour l’image du Maroc ?

Khalihenna Ould Errachid : En ma qualité de Président du conseil municipale de Laâyoune, je suis heureux de voir tous les jours les Espagnols là-bas. Mais, il y a un problème. Ces délégations voulaient venir en étant hostiles au Maroc. L’une de nos missions est d’améliorer la vision des Espagnols sur ce problème. C’est pour cela que le Corcas parlera aussi aux Espagnols, y compris ceux qui nous sont hostiles. Et c’est pour cela que je leur ai envoyé des lettres.

Source : ABC
- Actualité concernant la question du Sahara occidental/Corcas -

 

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