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samedi 20 avril 2024
 
 
 
Presse Audiovisuelle

M. Khallihenna Ould Errachid, Président du Conseil Royal Consultatif des Affaires Sahariennes, a accordé un entretien exclusif à la chaîne de télévision Laâyoune TV. M. Ould Errachid a consacré cet entretien qui intervient après la clôture des travaux de la première session du Corcas pour l’année 2008, à l’explication des questions de l’heure qui concerne le dossier du Sahara. Dans ce qui suit le texte intégral de cet interview :



Introduction de la speakerine Madame Fatiha Lamine : Monsieur Khallihenna Ould Errachid, Président du Conseil Royal Consultatif pour les Affaires Sahariennes, bienvenu à cet entretien avec la chaîne régionale de Laâyoune.

K.O.E. : Merci.

Speakerine :
Premièrement, Monsieur le Président, pour ce qui concerne la résolution 1813 de l’ONU,  ne présente-t-elle pas, à votre avis, une victoire pour la position du Maroc ?

K.O.E. : Bien évidemment, cette résolution des nations Unies est une grande victoire historique pour le Royaume du Maroc, du point de vue diplomatique, et en toute modestie, le Maroc est arrivé à un tournant historique concernant ce conflit au niveau du Conseil de Sécurité. La Résolution 1813 demande clairement aux parties concernées de faire preuve de réalisme et d’esprit de compromis pour résoudre ce conflit, et reconnaît que le projet marocain est sérieux, crédible et qu’il dote la population du Sahara de pouvoirs qui sont un accomplissement de l’auto-détermination.

Ces pouvoirs sont du même niveau que l’auto-détermination, car le projet donne aux sahraouis des pouvoirs politiques dans le cadre de l’autonomie, dans les domaines exécutif, législatif, juridique, et dans le domaine des institutions financières, de sûreté ainsi que dans le domaine économique.

Ce projet devrait être considéré comme une décision résultant de l’expérience et de l’approche de la communauté internationale.

La résolution 1754 a établi une approche nouvelle de la société. En abandonnant tous les anciens plans, le Conseil de Sécurité a abandonné tout ce qui a précédé, à savoir le référendum, la détermination de l’identité, le plan de paix, le plan Baker, et tout ce qui a précédé, et a établi une nouvelle procédure basée sur le projet marocain car c’est le projet qui a fait bouger la communauté internationale, il est basé sur la bonne foi, sur les négociations directes pour arriver à une solution.

La Résolution 1813 demande, premièrement, à ce que les parties soient réalistes et dotées d’un esprit de compromis. Deuxièmement, elles doivent entamer des négociations profondes et intenses pour arriver à une solution politique dans les délais les plus brefs possibles, en fixant bien sûr le temps pour ces négociations, en prorogeant le mandat de la MINURSO d’une année, et c’est la première fois que le Conseil de Sécurité fait une chose pareille.

Le Conseil de Sécurité a senti une certaine positivité,  a noté  qu’il y a des sujets soumis à discussion et qui sont capables de faire bouger les choses d’une situation de statu quo, se basant sur le projet présenté par le Maroc, ce qui est très positif.

Le Maroc a présenté son projet et a fait preuve de bonne foi, de volonté politique et diplomatique certaine pour résoudre ce conflit qui a trop duré. Ce projet a été accompagné par les déclarations des principaux pays membres du Conseil de Sécurité, et surtout ces pays qui ont un poids politique selon les normes internationales, en l’occurrence les Etats Unis qui a déclaré dans un langage claire, sans un brin de doute, que la seule solution possible est l’autonomie dans le cadre de la souveraineté marocaine.

Donc, le pays des Etats Unis d’Amérique reconnaît  la souveraineté marocaine et l’autonomie comme excellente solution. C’est aussi une reconnaissance que la position des Etats Unis n’est pas une position passagère mais une position de toutes les Nations Unies.

La même chose pour la France, la Grande Bretagne, et bien sûr on peut dire que la Chine, la Russie et d’autres pays ont la même position vis-à-vis du problème du Sahara.

Donc, nous pensons et sentons que cette résolution 1813 est le fondement d’une phase historique dans le conflit du Sahara et le commencement d’une nouvelle phase. Le 5ème round des négociations sera basé sur l’esprit de cette résolution  et devrait répondre à ses exigences, c'est-à-dire être réaliste, dans un esprit de compromis. Mais que veut dire réalisme et esprit de compromis dans le dictionnaire des Nations Unies ?

Les citoyens doivent connaître le sens du réalisme. Le Polisario demande des choses qui ne peuvent être réalisées : le référendum s’est avéré impossible pour des raisons objectives, la dispersion des tribus entre différents pays, un héritage colonial controversé, l’impossibilité d’arriver à une liste électorale qui satisfait toutes les parties, donc un sujet à conflit, un sujet qui ne peut jamais jouir de l’accord de toutes les parties.

Et si cela n’arrive pas, il ne pourrait jamais y avoir de référendum, donc, l’ONU est arrivée à la conclusion qu’il faudrait être plus réaliste et cesser de demander ce qui ne peut être réalisé et prendre les choses telles qu’elles se présentent, et emprunter la voie de la solution par compromis, ce qui veut dire que les parties, y compris le Maroc, doivent faire des concessions concernant tout ce qui ne peut être réalisé.

Le Maroc a fait des concessions quand il a présenté le projet d’autonomie, et c’est un pas historique que l’adversaire ne croyait jamais le Maroc capable de faire. Mais, il s’est muni de courage, un courage politique, diplomatique pour présenter le projet d’autonomie.

Pour le Polisario, il est toujours coincé dans d’anciens concepts qui sont dépassés. C’est pour cela que le Conseil de Sécurité lui demande de faire des concessions, de dépasser ce qui est impossible pour arriver à une solution de juste milieu qui est le projet d’autonomie que le Maroc a présenté. Bien sûr que ce projet est soumis à discussion et le Polisario pourrait le discuter.

Les Etats Unis d’Amérique ont bien dit que si le projet d’autonomie présenté par le Maroc ne plait pas au Polisario dans son contenu, ce dernier a le droit de présenter un projet reflétant sa manière de concevoir l’autonomie, mais uniquement l’autonomie. 

Toutes ces choses positives qui résultent de cette nouvelle résolution sont, je le répète encore, un acquis pour le Maroc et pour son droit sur le Sahara. C’est aussi un acquis pour la région car elle va pousser les parties vers le compromis, et ça c’est une nouvelle politique du Conseil de Sécurité qui vise à rapprocher  les points de vue des parties concernées pour arriver à une solution possible, c’est pour cela qu’il met davantage l’accent sur l’objectif qu’il veut atteindre et qui est l’autonomie.

Oui, en toute modestie, je pense cela, et il est évident que l’Algérie et le Polisario essaient de camoufler ce succès  en parlant de choses qui sont illogiques. Tout le monde devrait savoir cela, l’Algérie et le Polisario n’ont rien à dire.

Speakerine : Oui, Monsieur le Président, vous venez de dire, il y a un moment, que l’ONU a demandé, plus d’une fois, aux parties prenantes de trouver une solution réaliste et négociée pour le conflit du Sahara, ne trouvez vous pas que les déclarations de l’Envoyé Personnel du Secrétaire Général de l’ONU, Monsieur Peter Van Walsum, est une solution pour mettre fin à ce conflit, si nous pouvons dire entre parenthèses que l’ONU en a ras le bol avec ce conflit et qu’elle veut trouver une solution, et peut être l’autonomie proposée par le Maroc est la solution à ce problème ?

K.O.E : Non, l’ONU ne peut pas être fatiguée mais l’ONU est arrivée à une solution par expérience, et comme le dit bien le proverbe : « demande conseil au malade qui a vécu l’expérience plutôt qu’au médecin ».

Monsieur Van Walsum est un homme d’âge certain, ce qui veut dire qu’il a une grande expérience dans le cercle diplomatique, d’abord dans son pays, les Pays-Bas, et aussi à l’ONU.

Il a été chargé de missions dans des affaires internationales importantes et a acquis une expérience par rapport au dossier du Sahara car il a été nommé, depuis 2005, Envoyé Personnel du Secrétaire général. Il a visité la région trois fois, il a visité le Maroc, l’Algérie, Tindouf et la Mauritanie, trois fois, et a présidé les quatre rounds de négociations.

Donc, le résultat auquel il est parvenu, émane d’une expérience, celle d’un homme d’un certain âge d’abord, c'est-à-dire qu’il possède l’expérience nécessaire, et d’une personne ayant une expérience dans le domaine international, et surtout une personne qui connaît le dossier du Sahara  en entier, et qui a écouté le Polisario, le Maroc, l’Algérie et la Mauritanie.

Il nous a tous écouté en pourparlers, et il est arrivé à la conclusion que ce problème ne peut être résolu que si le Polisario fait des concessions à propos de sa requête pour la séparation. Il l’a dit en toute franchise, que la solution pour le problème du Sahara ne réside pas dans l’indépendance qui n’est pas une solution réaliste.

Tout ce qui n’est pas réaliste est  impossible à réaliser, car l’indépendance passe par le référendum, et le référendum est compliqué et ne pourrait jamais avoir lieu. Par conséquent, l’indépendance est un objectif qui ne peut être réalisé, et demander l’impossible ne mènerait à rien.

Deuxièmement, il ne s’arrête pas au point de la séparation qui n’est pas réaliste, mais ajoute que le Polisario devrait faire des concessions et abandonner l’idée de la séparation pour arriver à une solution, qu’est ce que cela veut dire ?

S’il n’y a pas de demande de séparation et d’indépendance, cela veut dire que la solution est une solution de juste milieu, où il n’y a ni vainqueur ni vaincu, et c’est la position qu’adopte aujourd’hui l’ONU, qui correspond tout à fait au fond de l’initiative marocaine et de l’autonomie.

L’autonomie est la solution du juste milieu, une solution qui satisfait les sahraouis car elle répond à toutes leurs demandes. Et quelles sont les demandes des sahraouis ? Les sahraouis se considèrent une minorité et veulent avoir la priorité dans la gestion de l’autonomie et l’initiative leur garantit cela de manière éternelle.

Les sahraouis auront toujours la priorité dans les institutions, le gouvernement, le parlement et toutes les autres institutions. Les sahraouis demandent l’autogestion, et  l’autonomie la leur garantit, comme elle leur garantit un gouvernement régional, un parlement, une instance juridique, des institutions relevant du domaine de la sûreté et du domaine économique.

Les sahraouis demandent à ce que cette solution mène à la prospérité économique, social et culturelle, à ce qu’elle respecte leur identité et leur culture. Et cette initiative garantit tout cela, donc les demandes des sahraouis seront satisfaites.

Durant les négociations, le Polisario lui-même, ne dit pas que le projet marocain d’autonomie n’est pas un bon projet, tout au contraire, il reconnaît qu’il l’est, et le Polisario n’a qu’à écouter les personnes sages et les Nations Unies, et ne devrait pas considérer le projet marocain comme un projet passager, ou une position qui fait partie du passé, non, c’est un tournant dans l’historique du conflit que le Polisario devrait respecter, et par conséquent, entamer les négociations avec le Maroc, de manière sérieuse. Quelle est la situation d’aujourd’hui ?

Le Polisario a deux options, soit entamer les discussions sérieusement comme le réclame le Conseil de Sécurité, Van Walsum, les Etats Unis, la France, la Grande Bretagne, l’Espagne, les pays asiatiques, les pays arabes, les pays islamiques, ou mener nos frères, qui se trouvent à Tindouf, vers la perte car il n’y a pas un autre choix. Le Polisario s’est engagé dans une guerre qui a duré 16 ans, et c’était la catastrophe pour chaque famille sahraouie.

Le Polisario a couru derrière le référendum qui s’avère être impossible, quelque soit le Secrétaire Général de l’ONU ou son Envoyé Personnel, donc pourquoi s’entêter à demander quelque chose quand il sait pertinemment que c’est impossible à réaliser.

Mais, maintenant les choses sont très claires  puisque les positions des uns et des autres sont connues, la position du Secrétaire Général de l’ONU, celle de Van Walsum et celle des grandes puissances. L’indépendance est impossible et n’est pas réaliste du tout, c’est une solution qu’il faudrait abandonner et opter pour l’autonomie dans le cadre de la souveraineté marocaine.

Que va faire le Polisario ? Jouera-t-il avec les intérêts des nôtres et avec l’avenir des gens de la région et ceux de nos enfants pour des raisons personnelles, pour s’entêter à s’accrocher à une position ancienne qu’il ne veut pas abandonner ?

Le Polisario se trouve aujourd’hui dans une situation où il est coincé par le Conseil de Sécurité, par Van Walsum, par les Etats Unis, par l’Espagne, par l’autonomie, qu’il ne peut s’opposer à une solution qui est dans l’intérêt des sahraouis, aussi bien dans l’immédiat que dans l’avenir. Nous n’avons qu’à attendre maintenant.

Ce que le Polisario a déclaré jusqu’à aujourd’hui revêt un caractère négatif, dépourvu de maturité et de toute responsabilité ou sagesse requise dans ce genre de situation. Nous avons une année devant nous que le Conseil de Sureté nous a donné, et nous espérons que d’ici là, le Polisario reconsidère ses positions, si jamais il jouit d’une  liberté de prise de décision. Et ceci est une énigme : Comment pourra-t-il avoir la liberté de choisir  l’autonomie, quand il se trouve sur le territoire algérien, financé par l’Algérie et ses membres se déplacent avec un passeport algérien ?

C’est un défi pour le Polisario, jouera-t-il avec les intérêts des sahraouis en retardant les négociations, mettra-t-il en jeu ce dont il n’est pas sûr dans l’avenir. Aujourd’hui, il y a un acquis,  la position du Conseil de Sécurité, la position de l’Envoyé Personnel, celle des Etats Unis, et un acquis pour ce qui concerne l’autonomie elle-même tellement appréciée par les sahraouis y compris ceux qui sont avec le Front Polisario et dans les camps.

Je suis certain, et c’est ce que je leur ai dit depuis le début, que les sahraouis en général, sont pour l’autonomie car ils en ont marre de la souffrance, de la séparation et des promesses qui n’ont pas été tenues. Le Polisario a, dans son dernier congrès, déçu tous les sahraouis qui adhèrent à son mouvement.

Dans son dernier congrès, le Polisario a dit aux siens qu’il leur a promis l’indépendance, et l’indépendance viendra, mais la réponse réside dans la déclaration de Monsieur Walsum quand il a dit que l’indépendance n’est pas possible.  Le Polisario leur dit qu’ils ont presque atteint la solution mais cette solution dont il parle ne peut avoir lieu.

Donc, je pense que nous passons par un moment important et nous faisons face à des défis, pas pour le Maroc, car pour le Maroc, le défi existait avant 2006, et il y a fait face en élaborant un programme et en développant un projet qu’il a présenté à la communauté internationale. Un projet qu’il veut négocier et appliquer avec bonne foi. Il a impliqué les gens de la région dans le processus de ce projet, ce qui montre sa bonne foi et sa volonté historique, sous le commandement de Sa Majesté  le Roi Mohammed VI, et avec le soutien du peuple marocain en entier,  pour sortir de cette crise.

Maintenant, c’est l’autre partie qui se trouve face à des défis difficiles, continuera-t-elle à décevoir les espoirs de nos frères ou va-t-elle reconsidérer ses cartes de manière positive, c’est cela la grande question que nous posons à nos frères. Il y a aussi d’autres positions positives qui se résument dans la volonté des 5 membres du Maghreb Arabe de faire revivre cette entité, si prometteuse et tant attendue par l’Europe et les Etats-Unis, pour des raisons de coopération.

Nous espérons que la réunion de Tanger qui s’est tenue, avec la participation des cinq pays, et avec une importante participation  de l’Algérie, donnera un souffle nouveau pour aller en avant vers la réconciliation, et pour saisir l’opportunité présente qui préserve la dignité, l’honneur et la souveraineté de tout un chacun, afin d’arriver à une solution qui satisfait toutes les parties : le Maroc en ce qui concerne sa souveraineté et son intégrité territoriale, nous satisfait, tous, en tant que sahraouis, non seulement le Polisario, mais tous les sahraouis, satisfait l’Algérie  qui a soutenu l’autre partie et satisfait les pays du Maghreb Arabe.

Speakerine : Donc, la première session ordinaire du Conseil Royal Consultatif pour les Affaires Sahariennes, pour cette année, s’est fixée deux principaux axes de discussion dont l’un est le secteur de la santé et son développement dans les provinces du sud. Que pouvez-vous nous dire à ce propos ?

K.O.E. : Le Conseil joue un rôle dans le domaine politique et diplomatique, depuis le début, c'est-à-dire depuis mars 2006.

Il a participé à la réussite de l’initiative marocaine du point de vue diplomatique et politique, à la politique de réconciliation, s’est occupé des droits de l’homme, de la résolution des problèmes hérités, c'est-à-dire qu’il a remédié aux lacunes existant dans certains dossiers.

A côté de tout cela, le Conseil consacre toutes ses sessions à des thèmes de développement. Ainsi, nous avons discuté trois thèmes principaux de développement, le premier concerne le logement qui est actuellement en stade de mise en œuvre après une année de la décision prise par le Conseil en décembre 2006.

Ce projet résoudra tous les problèmes des habitants des camps et de Zoumak et tous ceux qui réclament un habitat dans les villes et n’ont en pas eu jusque là. Aujourd’hui, il y a 68 000 lots de terrains équipés dans toutes les provinces sans exception.

Deuxièmement, nous avons discuté la question de la pêche maritime, à tous les niveaux, mais particulièrement, le programme destiné à employer les jeunes et à les orienter vers la pêche maritime.

Pendant la dernière session qui s’est tenue à Smara, nous avons traité la question relative au secteur du transport aérien et routier, et nous avons établi un programme pour toutes les provinces.

Pour la santé qui touche directement la vie quotidienne des citoyens, ce programme qui a été établi lors de cette session, est un programme qui vise à rehausser le niveau de la santé dans la région. L’Etat a réalisé plusieurs projets dans la région, des hôpitaux, des centres médicaux, des dispensaires, et les a doté de cadres médicaux à haut niveau. 

Mais le niveau urbain et de vie ainsi que le développement économique et social  atteint dans les trois régions, exige un autre niveau de santé, et c’est sur cette base que nous avons établi une convention de programme avec le Ministère de la santé et le Ministère de l’Intérieur, les Collectivités Locales, l’Agence de Développement, l’Initiative Nationale pour le Développement Humain, d’un budget de 22 milliards de centimes, 220 millions de dirhams, en plus d’une enveloppe budgétaire de 5 milliards de centimes, 50 millions de dirhams.

Ce programme est actuellement en voie d’exécution par le Ministère de la Santé, avec un budget global de 27 milliards de centimes. Pourquoi cette enveloppe ?

Nous avons considéré dans ce programme l’éloignement géographique de la région, et la nécessité d’une autosuffisance dans les domaines des soins, et nous avons élaboré un programme avec le Ministère concerné, visant d’abord à satisfaire les besoins locaux, là où il y a des lacunes comme c’est le cas à Zak, Tarfaya, Bir Kandouz et Aousserd.

Concernant les centres hospitaliers dans les trois régions, il existe par exemple à Goulmim, un hôpital local  qui deviendra un hôpital régional contenant toutes les spécialités, et quand on parle de spécialités, on parle aussi de médecins spécialistes, en chirurgie lourde y compris la chirurgie orthopédique, la chirurgie infantile, pour ce qui concerne la cardiologie, l’ophtalmologie, l’oto-rhino-laryngologie, la gynécologie, ainsi que les équipements de base.

Goulmim dont les équipements en matière de santé ne dépassaient pas quelques équipements modestes, disposera d’un hôpital qui va satisfaire tous les besoins de la région, et dans trois ans, la population n’aura pas besoin d’aller à Rabat, ou Casablanca ou Marrakech ou Agadir.

Pour Tan Tan, l’hôpital sera rénové et son équipement renouvelé, il en sera de même pour l’hôpital de Boujdour, avec l’hôpital provincial de Dakhla qui sera rehaussé au niveau d’un hôpital régional comme c’est le cas pour l’hôpital de Goulmim.

Pour Laâyoune, son hôpital deviendra un complexe hospitalier de référence comme c’est le cas pour Avicenne à Rabat, avec différentes spécialités et des services d’urgence du même niveau. Des scanners y seront déposés du genre IRM, qui est un appareil plus développé qu’un scanner et qui exige des cadres de haut niveau pour sa manipulation.

Il s’agit aussi de construire, avec l’approbation  de l’Association Lalla Salma de lutte contre le Cancer, un hôpital d’oncologie à Laâyoune pour satisfaire les besoins de la région afin d’atteindre  une autosuffisance dans le domaine de la santé. Il y aura aussi des centres médicaux qui seront construits dans certaines agglomérations, pour les accouchements, les soins et bien sûr, on va créer à Laâyoune un SAMU qui sera mobile comme c’est le cas pour Casablanca, actuellement.

Par ailleurs, chacune des huit provinces qui rentrent dans les prérogatives du Conseil, disposera de voitures 4x4, dans le cadre du programme santé rurale du Ministère de la santé. Ces voitures équipées emmèneront mensuellement les médecins à la campagne pour soigner les gens qui vivent sous les tentes, dans les douars, à raison de 12 fois par an.

Huit voitures du genre 4x4 seront mises à la disposition de chaque province, Guelmim, Tan Tan, Assa Zag, Smara, Laâyoune, Boujdour, Dakhla, Aousserd. Par ailleurs, ce programme contient trois unités médicales mobiles : Guelmim, Laâyoune, Dakhla. Ce sont des unités équipées avec tout ce qu’il faut pour se déplacer vers les communes qui ne disposent pas d’hôpitaux.

Donc, ce programme est un programme qui prépare la région pour l’autonomie, car il va nous permettre de doter la région de trois centres principaux, mettant les soins à la portée des citoyens. Pour les grands soins, ils sont disponibles à Rabat et Casablanca, dans les CHU. Ce programme sera mis en œuvre, en ce qui concerne les équipements et les structures et sera accompagné par le Ministère de la Santé qui veillera à fournir le personnel nécessaire dans toutes les spécialités.

A Laâyoune, il va aussi y avoir une unité médicale spécialisée dans les brûlures, une unité qui n’existe nulle part dans tous le sud. C’est une unité qui sera d’un haut niveau où tout ceux ayant été exposés à des brûlures, quelque soit leur degré, puissent recevoir les soins nécessaires.

Si on ajoute ce programme aux autres, la région ne pourrait qu’être à un très haut niveau sur le plan de la santé. A cela s’ajoute bien sûr la mise en œuvre de la politique gouvernementale dans le domaine de la couverture sociale pour ceux qui travaillent mais aussi pour ceux qui n’ont pas de revenus afin qu’ils puissent se rendre dans des centres qui vont les accueillir  et prendre en charge leurs soins.

Durant cette session, le Conseil a résolu un grand problème qui est celui des enseignants hérités depuis la colonisation. Nous avons convenu avec les administrations concernées afin qu’ils reçoivent leur indemnité, et ainsi a pris fin ce problème, et nous allons nous attaquer aux autres.

Speakerine : Monsieur Khalihenna Ould Errachid, Président du Conseil Royal Consultatif pour les Affaires Sahariennes, merci beaucoup d’avoir été parmi nous à cet entretien avec la chaîne régionale de Laâyoune.

K.O.E : Merci.

Source: Corcas
-Actualité concernant la question du Sahara occidental/Corcas -

 

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