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vendredi 12 août 2022
 
 
 
Presse Audiovisuelle

Le président du Conseil Royal Consultatif des affaires sahariennes (CORCAS), M. Khalihenna Ould Errachid, a été invité le 18 avril 2006 à l’émission mensuelle « Hiwar » de la première chaîne de télévision nationale TVM.

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Dans ce qui suit le texte integral de cet entretien:

Mustapha.Alaoui : L’ancien Conseil avait-il une légitimité ? 
Khalihenna Ould Errachid : Bien entendu.

M.A : Représentait-il les tribus ?
KOE : Tout à fait.

M.A : Ne contenait-il pas de décédés parmi sa composition ?
KOE : C’est une fausse idée véhiculée par la presse, et qui était d’ailleurs démentie. L’actuel Conseil ne contient aucun membre décédé. Lors de sa première session à Rabat, on a procédé à l’appel de tous les membres, et devant tous les membres du Conseil composé de 141 membres. Cela dit, nous essaierons à l’avenir à ce que la presse ne diffuse plus de fausses informations en ce qui concerne le Sahara.

M.A
: L’ancien Conseil se composait-t-il de 300 membres ?
K.O.E : Il se composait de 190 membres.

M.A : L’actuel Conseil se compose de 141 membres, et plusieurs tribus ne sont pas représentées ?
K.O.E : Ce n’est pas vrai.

M.A : Les Filala par exemple ?
K.O.E : Ils sont représentés.

M.A : Les Mejata ?
K.O.E : Représentés.

M.A
: Lemyar, Toufat, Tajikane ?
K.O.E : Représentés, et il n’y a aucune tribu accréditée par l’ONU, qui n’a pas été  représentée au Conseil.

M.A
: Qui a proposé à sa Majesté ce Conseil ?
K.O.E : La nomination était par sa Majesté, qui possède les compétences constitutionnelles pour désigner qui elle veut pour une étape déterminer, et pour un objectif déterminé.
Premièrement, 50% de la composition du Conseil sont des représentants de la nation : parlementaires à la première Chambre, conseillers à la deuxième Chambre, présidents de municipalités ou de communes. C’est-à-dire toutes les instances de représentations politique, sociale et spatiale, les trois régions du Sahara, les chioukhs, les jeunes, les femmes, les anciens détenus et la communauté à l’étranger.

M.A : Mais la protestation existe, la contestation est là ?
K.O.E : Il y a une revendication positive, c’est que tout le monde veut participer, ce qui montre la crédibilité du Conseil.

Mohamed Ayadi (M. Ay)
: Des requêtes étaient envoyées au cabinet Royal, aux gouverneurs. Ceci affecte l’unanimité autour du Conseil, qu’est-ce qui est demandé afin qu’il s’acquitte de ses tâches ? Qu’avez-vous fait en tant que président du Conseil pour endiguer ces protestations ?
K.O.E : Les protestations sont limitées, la presse les a interprétées d’une manière exagérée. Elles émanaient de certains membres de l’ancien Conseil, ou de ceux qui considéraient la représentation insuffisante, mais dans le système de nomination, on ne peut pas protester, la nomination diffère de l’élection.

M. Ay
: Ils ne contestent pas la nomination, mais ils protestent contre ceux  qui ont proposé.
K.O.E : C’est comme la recherche de la primauté entre l’œuf et la poule.

M.A
: Quels sont les critères de la représentativité de chaque tribu ?
K.O.E : C’est une représentation proportionnelle selon les données statistiques de chaque tribu.

M.A : Les tribus à l’intérieur ou à Tindouf ?
K.O.E : Toutes les tribus sont représentées nominativement, et toutes les fractions tribales sont représentées. Peut être on ce qui concerne ce Conseil, il y a une ferveur populaire afin que tout le monde y soit.
Pour moi, c’est un signe positif, et le Conseil est crédible.

Mustapha Iraki (M.I)
: Premièrement, c’est vrai qu’il y a un équilibre dans la représentation des tribus et des régions au sein du CORCAS. Deuxièmement, mon collègue Mustapha Alaoui, a évoqué la question des décédés, et je dispose de deux actes de décès de deux personnes membres du Conseil.
K.O.E : Je pense que sont des actes de personnes qui ne figurent pas parmi la composition du Conseil.

M.I
: El Houcine EL KARN ?
K.O.E : Ce n’est pas un membre du Conseil. Mais c’est  Hamad EL KARN qui est son fils.

M.I : Après avoir reçu une correspondance, vous avez remplacé ladite personne par un membre de sa famille ?
K.O.E : C’est une calomnie.

M.I : Ce sont des actes de décès. Sa Majesté a nommé le Président et le Secrétaire général, mais qui a nommé les autres membres ?
K.O.E : ils sont nommés par Sa Majesté. Je ne conteste pas la véracité des actes de décès, mais ils n’ont aucune relation avec les membres du Conseil, qui sont tous vivants.

Ali Anouzla (A.A) : Je suis tout à fait d’accord avec Monsieur Khlihenna Ould Errachid, que tous les membres du Conseil sont vivants, mais la liste publiée la première fois par les agences de presse contenait les noms de El Houcine EL KARN et Mohamed Mustapha EL MOKHTAR, qui sont décédées.
K.O.E : Une erreur d’imprimerie, plucher dans des futilités ne sert à rien. Cette erreur a été rapportée par la presse, qui devait s’assurer de la véracité de la source.

M.A
: Vous êtes un acteur principal dans la gestion des affaires locales, et ex ministre des affaires sahariennes. Pourquoi vous n’avez pas pu gagner du temps, rétrécir les distances à travers lesdits postes, et nous convaincre que le 25 Mars constitue une rupture entre deux périodes ?
K.O.E : Il est vrai qu’en ce qui concerne l’affaire du Sahara, la date du 25 Mars est historique, autant pour les Sahraouis que pour le Maroc dans sa globalité, car pour la première fois le Roi du Maroc exprime sa volonté de garantir une autonomie pour clore définitivement ce problème.
D’autre part, c’est une réconciliation historique entre les Sahraouis et l’administration marocaine, qui est à l’origine du problème.

Le 25 Mars est totalement différend, il ouvre une nouvelle page, celle de la construction d’un nouveau Maroc, le Maroc de la réconciliation avec ces citoyens, et de la fin d’un héritage du passé, qui était à l’origine du problème du Sahara.

M.A : Durant 30 ans le problème du Sahara est le fruit de la mauvaise gestion, que vous avez qualifié de médiocre. Des grèves, des protestations prennent plus d’ampleur, et le résultat naturel en est des problèmes d’ordre économique et social. Monsieur le Président, vous étiez Président du Conseil municipal de Laayoune ?…
K.O.E : Je le suis encore.

M.A : Les gens revendiquent un habitat décent, des soins, l’école…, des revendications à votre portée, il était possible de les solutionner en tant que président du Conseil municipale de la ville de Laayoune ?
K.O.E : C’est une exagération, le problème du Sahara ne réside pas dans les problèmes sociaux. Depuis 1975, l’affaire du Sahara a connu différente étape. De 1975 à 1991 une époque de guerre caractérisée par des confrontations militaires, après c’est le cesser-le- feu et l’identification, période qui a connu un relâchement ayant participé aux problèmes cités. Face à cet état de chose, on ne peut faire le moindre lien avec la ville de Laayoune.

A.A : Lors de la création du Conseil Royal en 1981 par le Défunt Roi Hassan II, l’affaire du Sahara traversait des moments difficiles, surtout lorsque le Roi a accepté le principe du référendum, alors que les partis politiques notamment l’USFP s’opposaient à ce principe. Ce qui a amené le Roi a activer son rôle de « Amir Al Mouminin », et il a crée ce Conseil, qu’il a par conséquent désigné.
Mais après 25 ans, et 7ans après le discours du Roi Mohammed VI en 1999 qui a mis l’accent sur l’élection, suite aux événements de Laayoune. Pourquoi donc ce repli ? Au moment où l’élection donne plus de crédibilité au Conseil, plus de représentativité populaire et de légitimité dans les provinces sahariennes.

M.A
: Si vous me permettez, j’ajoute une autre question. Vous êtes maintenant en relation directe avec sa Majesté le Roi, et vous n’êtes soumis ni à l’autorité du Ministre de l’Intérieur, ni à celle du Ministre des Affaires Etrangères, qui sont tous les deux membres du Conseil.
Comment agirez-vous pour convaincre les sahraouis marocains de Tindouf, en conformité avec vos propositions et initiatives envers les Sahraouis à l’intérieur du pays, et qui se sentent marginalisés. Cela en même temps qu’il vous faut convaincre la communauté internationale et vos autres interlocuteurs?
K.O.E : Je commence par répondre à Monsieur Anouzla : la mission de l’ancien Conseil est terminée depuis longtemps.

A.A : Il était gelé dès le début.
K.O.E : Il n’était pas gelé, sa mission est terminée. Aucune relation n’existe entre l’actuel Conseil et le legs de l’ancien. Le CORCAS a pour objectif, la préparation d’un environnement politique, économique, social, diplomatique et psychologique pour instaurer une autonomie, c’est pour cela il n’est pas une instance élu, mais une institution Royale officielle auprès de Sa Majesté le Roi afin de réussir ce gigantesque projet Royal. 

M.I : Ne voyez- vous pas que l’élection est meilleure que la nomination ?
K.O.E : C’est vrai, mais l’élection viendra en ce qui concerne la gestion des affaires publiques, c'est-à-dire au moment de l’application de l’autonomie.

C’est une institution Royale pour parachever une mission déterminée durant une période définie. Même le Conseil nommé, il représente réellement toutes les catégories de gens, qui représentent à leur tour, respectivement leurs tribus et leurs régions.

Ce sont des personnalités connues exerçant une influence réelle et historique, et ont une place privilégiée au sein de la société Sahraouie.

M.A : Vous n’avez pas répondu à ma question ?
K.O.E : Le Conseil est une institution officielle auprès de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, afin d’arriver à une réconciliation finale avec les Sahraouis, et résoudre l’origine du problème, qui réside dans l’acceptation volontaire des Sahraouis du projet Royal et d’opter pour l’unité.
Car, il faut dire qu’en premier lieu, existe un problème déjà entre nous, avant qu’il soit porté devant  les Nations Unies.

M.I : Quel est ce problème ?
K.O.E : Pourquoi le Polisario a-t-il été crée ?

M.A : Pourquoi ?
K.O.E : Le Polisario est crée par des jeunes Sahraouis originaires de Guelmime, Tan-Tan et Assa–Zag, qui ont étudié à l’université de Rabat, et qui étaient réprimés lors des manifestations de Tan-Tan en 1972.

Le Polisario a été monté par des Sahraouis qui vivaient au Maroc avant 1975. Pourquoi donc des jeunes qui ont étudié dans les facultés de lettres, droit, médecine et autres institutions nationales ont crée une organisation séparatiste, tandis que ceux qui ont vécu sous le joug du colonialisme, on choisi le contraire ?

C’est l’essence même du problème, et si on ne résout pas cette problématique historique, on ne peut pas solutionner le problème du Sahara.

M.I : Vous innocentez l’Algérie ?
K.O.E : On va parler de l’Algérie, l’affaire du Sahara est un problème intérieur Maroco-Marocain, et on va en traiter les répercussions internationales et étrangères.

M.I : Comment un problème Maroco-Marocain et non Maroco-Algérien ?
K.O.E : Il est Maroco-Marocain.

M.I : Pourquoi parle-t-on durant toutes ses années d’un conflit factice et Sa Majesté l’a réitéré lors de son dernier discours ?
K.O.E : On reviendra à ce sujet. Dès sa création en Mai 1973 à Zouirat, le Polisario a été adopté en premier lieu par la Libye, ensuite par l’Algérie pour diverses raisons : il y avait le conflit relatif à l’approbation du traité de délimitation des frontières par le Maroc, les relations irritées entre les pays arabes pendant la période de la guerre froide, où le Maroc était vue comme pays réactionnaire ….  Mais l’affaire du Sahara reste un problème entre marocains avec des interférences étrangères.

Aujourd’hui, les marocains doivent se réconcilier avec l’histoire, chose faite par sa Majesté Mohammed VI à Laayoune et non à Rabat, en appelant les Sahraouis à décider de leur sort, à condition qu’ils respectent la souveraineté marocaine.

M. Ay : Vous avez déclaré après votre nomination, que le discours royal du 25 Mars, est un discours de réconciliation historique entre l’administration marocaine et les habitants des provinces du sud. Est-ce dire il y a eu un conflit, et quelles étaient ses causes ?
Vous avez déclaré qu’il y avait un vide politique après 1991.
Quelles sont les causes de ce conflit et de ce vide politique ?
K.O.E : Les différends existent depuis 1956, les Sahraouis ne sentaient pas qu’ils étaient traités convenablement avec le respect et la considération qu’il fallait, et là réside une cause essentielle de la création du Polisario.

Après la libération en 1975, il y avait une main mise sur les Sahraouis, qui étaient assujettis à une lourde tutelle, ce qui a conduit à la perte de confiance, et à des problèmes politiques.

La réconciliation dont nous parlons, elle émane de la plus haute autorité du pays, en l’occurrence Sa Majesté le Roi, le garant des libertés et des droits des individus et des collectivités. Sa Majesté est venu vers les Sahraouis pour leurs dire : qu’ils sont partie intégrante, non seulement au niveau du territoire, mais de l’intégrité territoriale.

C’est là l’une des tâches principales du Conseil, celle de garantir cette intégrité avec l’unité nationale en considérant les Sahraouis comme partie intégrante du Maroc et que les Sahraouis sont à côté de sa Majesté, et bénéficient de droits politiques, économiques et socioculturels garantis et durable nonobstant les circonstances ou les illusions de certains. C’est ce discours qui a touché les Sahraouis, et a rendu l’après 25 Mars une période historique.

A.A : Celui qui entend votre discours aujourd’hui, croirait que vous étiez opposant, alors qu’au contraire vous étiez partie de l’autorité de tutelle, et jamais la voix de Khlihenna ne s’est élevée contre les arrestations et les disparitions à Kalaat Mgouna, et vous étiez ministre pendant 12 ans ?
K.O.E : 17 ans.

A.A : L’équipement de quatre mandats du président des Etats-Unies d’Amérique.
K.O.E : Dans des gouvernements différents

A.A : Pourquoi vous n’avez pas protesté contre la tutelle ? Pourquoi on n’a pas entendu ce discours ?
K.O.E : J’étais en période de guerre, celle-ci à ses règles, en plus il n’y avait pas de dialogue. Au centre de cette guerre, j’étais chargé du développement des provinces du sud, et de missions diplomatiques de défense de cette cause.

Malgré cela, j’ai défendu la place des Sahraouis, pu libérer plusieurs personnes, et j’ai minimisé le mal que tout le monde connaît.

M.A : Le problème Maroco-Marocain ?
K.O.E : Pour la plupart des parties.

M.A : La réconciliation avec l’autre qui se déclare un Etat avec sa propre armée, des institutions qui fonctionnent et qui sont reconnues par 80 Etats.
Comment peut-on rapprocher l’autonomie d’une pensée séparatiste ?
K.O.E : Par la réconciliation, et lorsque l’on se réconcilie, on oublie le passé. Nous leurs disons que le Maroc a changé, et que Sa Majesté le Roi l’a confirmé  à Laayoune.

M.A : Si leur décision est indépendante.
K.O.E : On va parler de l’Algérie plus tard. Premièrement les Sahraouis ne sont pas l’équivalent du Polisario ; celui-ci représente la partie assujettie à son administration qui est sécuritaire, militaire, politique et alimentaire. Mais les Sahraouis vivant ailleurs savent que le Polisario n’a atteint aucun de ses objectifs, n’a pas pu gagner la guerre, ni réaliser le référendum, et a échoué à créer un Etat sur le territoire de l’ancienne colonie Espagnole, c’est- à-dire à Laayoune, Boujdour, Aousserd, Dakhla et Smara.

Le Fiasco du Polisario est connue par les Sahraouis, ce qui nécessite la recherche d’une autre voie qui leur garantie tous leurs droits, et que d’autre gens ont sacrifié leur vie, à cette intention sans perdre leur partie.

A.A : Suivant votre analyse, l’un des objectifs essentiels de la création du Conseil, c’est la préparation de l’autonomie. Effectivement, si on veut garantir l’acceptation de l’autre partie, il faut qu’elle soit partie de cette autonomie. Alors si on accepte que le Polisario soit une organisation politico-militaire, qui a des sympathisants à l’intérieur, pourquoi elle n’est pas représentée au CORCAS ?
K.O.E : Quelle organisation ?

A.A : Le Polisario.
K.O.E : Non, non.

A.A
: Le jour où on acceptera l’autonomie, ils feront partie d’elle ?
K.O.E : L’autonomie concerne tout les Sahraouis, et le Polisario fait partie d’eux. L’autonomie est une alternative au séparatisme, devenu impossible au Sahara.

M.Ay
: Cela signifie que vous dialoguerez  avec le Polisario ?
K.O.E : Certes, on dialoguera avec tous les Sahraouis, par tout où ils se trouvent, qu’ils soient avec le Polisario, en Algérie, en Mauritanie, ou en Espagne.

Ô Sahraoui ! vous vous plaignez que vous n’avez aucune place dans l’échiquier politique de l’Etat marocain, que le Maroc ne vous considère pas comme entité humaine digne de réflexion, que vous n’avez de lien historique permanent depuis Moulay Ismail, que vous n’avez de lien directe avec Sa Majesté le Roi. Toutes ces revendications sont réalisables aujourd’hui.

La guerre ne mène à rien, et le Polisario est frappé de désarroi. Actuellement, le mûr jouxte Lahmada, Rabouni et les camps, et ceci est un signe tangible de l’échec de la guerre, qui ne peut en aucun cas vous mener vers un Etat indépendant, malgré toutes les armes sophistiquées. Par ailleurs, comme vous le savez, l’organisation d’un référendum est devenue impossible.

M.A : Pourquoi le référendum serait-il impossible ?
K.O.E : L’ONU a adopté une liste de tribus déterminées  représentées au Conseil Royal, mais lesdites tribus ne demeurent pas uniquement au Maroc, elles sont installées aussi en Algérie et en Mauritanie. Si nous voulons réaliser un référendum libre et honnête, il doit s’étaler sur tout l’espace Sahraoui de Laabadla à Ikini, de Laabadla à Aalk, de Laabadla aux frontières maliennes, et au Byr, Zouirat et Nouahibou.

On va dialoguer avec les Algériens, et je demanderai la permission à sa Majesté le Roi de rencontrer le Président Abdelaziz Bouteflika.

M.I : Pour la première fois, sur le site Internet de la Présidence de la République Algérienne, on a introduit le dossier du Sahara, et non celui de la Palestine ou de la Sécheresse en Afrique. Comme peut-on dire que le problème est Maroco-Marocain, sachant que durant 30 ans, nous avançons que la question du Sahara est inventé par Franco à un moment où il croyait que le Maroc était faible et ses leaders nationalistes emprisonnés ?
De son côté, l’Algérie depuis le milieu des années 70 contrarie l’intégrité territoriale du Maroc. Aujourd’hui vous nous dites que le problème est posé entre Sahraouis et non entre Marocains et Algériens ?
K.O.E : Notre rôle est de dire à nos frères algériens, que vous êtes nos frères, nos amis, et nous sommes de vrais Sahraouis.

Le Maroc ne peut nous inventer ni comme marocain, ni comme Sahraoui, mais la majorité des Sahraouis a choisi de rester au Maroc et réalise ce qu’elle veut, en l’occurrence l’autonomie. Nous voulons que l’Algérie intervienne en bon conciliateur auprès de nos cousins vivant chez elle. Nous ne nous lasserons pas de réitérer notre appel à ce sujet à l’Algérie et à toute autre partie.

A.A : Vous avez dit que vous irez  en Algérie afin de discuter avec son gouvernement ; est-ce qu’une même initiative est aussi prévue envers le Polisario ?
K.O.E : Certes, ce sont nos frères et nous discuterons à tout moment et n’importe où.

M.A
: Donc, on peut considérer que le Polisario se transformera en partie d’opposition au sein de l’autonomie.
K.O.E : Non, plutôt en un parti de la majorité. Si Mohamed Abdelaziz veut qu’il soit le premier président de l’autonomie, on l’aidera à le devenir.

M.I
: Il ne peut pas être dans un parti de la majorité alors que son idéologie est séparatiste.
K.O.E : Notre mission essentiellement est de dissuader les Sahraouis vis-à-vis de la thèse séparatiste, et de persuader l’Algérie, afin de cesser son appui aux séparatistes et d’aider les unionistes qui revendiquent l’autonomie.

M.A
: Peut-on considérer l’autonomie comme une forme de l’auto détermination ?
K.O.E : Oui, l’autonomie est le sommet de l’auto détermination. L’organisation Basque ETA a convenue avec le gouvernement Espagnol sur un cessez-le-feu permanent sur la base du renoncement à l’autodétermination séparatiste, et d’appuyer une autodétermination menant à une autonomie.  

De même, l’organisation IRA en Irlande a abandonné sa thèse d’autodétermination séparatiste au profit d’une autodétermination fusionniste avec le Royaume Uni.

L’autonomie est plus avancée que l’autodétermination, elle permet la gestion des affaires des gens dans un cadre de démocratie, de liberté et de dignité.

Ceci est convenable pour les Sahraouis. Il n’y a pas de Sahraoui, même ceux de Tindouf, qui puisse dire que son père, sa mère et ses aïeux ne sont pas marocains. Tous leurs parents ont participé dans les rangs de l’armée de libération, et on pleuraient Hassan II lors des deux coups d’Etat.

Les Sahraouis sont des marocains, et ne revendiquent que de la compréhension, du sérieux, de la confiance et de l’honnêteté pour qu’ils adhèrent au projet d’autonomie.

A.A : Quel est le contenu de l’autonomie afin que l’autre partie soit convaincue ?
K.O.E : Les critères de l’autonomie sont connus par tout le monde.

A .A : Les critères présentés dans le projet de 2003 ne seraient-ils pas démocratiques ?
K.O.E : Le Maroc n’a présenté aucun autre projet, c’est de la rumeur.

A.A : Ce n’est pas de la rumeur !
K.O.E : Le Maroc est en train de présenter un vrai projet issu des consultations Royales avec le Conseil Royale ; quant aux critères de l’autonomie, elles sont connues.

M.I : Quel modèle pour l’autonomie ? Celui de l’Irlande ou de l’Espagne ?

M. Ay : J’insiste toujours, vous parlez comme si le Polisario est indépendant dans la prise de ses décisions, tandis qu’en réalité les décisions du Polisario sont dépendantes.
K.O.E : C’est vrai, nous essayons avec tous les moyens que ces décisions soient indépendantes. C’est pourquoi je demande à l’Algérie en tant que pays voisin, frère et arabo-musulman, de nous aider afin que nos frères dans les camps profitent du projet de l’autonomie comme solution unique.

Il n’y a pas d’autre alternative, et ceux qui rêvent d’un Etat indépendant ou de référendum, entretiennent un rêve illusoire qui ne se réalisera jamais.

M.Ay : Ceci ne serait possible qu’après l’approbation du projet de l’autonomie ?
K.O.E : C’est le Maroc qui présentera son projet. Nous exhortons toutes les parties, particulièrement le Polisario en tant que partie concernée, de prendre acte que le projet est historique, conforme au serment donné par vos parents en 1956 à feu Sa Majesté Mohamed V, et réitérer à feu sa Majesté Hassan II que Dieu lui soit miséricordieux, et confirmé à sa Majesté le Roi Mohammed VI. C’est un évènement historique, et jamais pareille conciliation avec les Sahraouis ne s’est réalisée depuis que Moulay Ismail s’est lié avec Khnata Bente Bakkar.

M.I : Mais ils ont refusé cette initiative ?
K.O.E : Les réconciliations connaissent des hauts et des bas. Nous n’avons pas encore commencé notre travail, la création du Conseil Royal est récente, et nous n’avons pas encore achevé notre structuration et nos méthodes de travail. Nous dialoguerons avec tous les Sahraouis afin de les convaincre que le projet présenté est leur projet recherché.

M.I : Avez-vous une stratégie de dialogue et de communication ?
K.O.E : Bien entendu, et nous avons commencé à l’appliquer.

M.I : Vers quelle expérience d’autonomie penchez-vous?
K.O.E : Premièrement, l’autonomie devrait se baser sur les intérêts nationaux du Maroc.

M .I:  Comment?
K.O.E : À chaque pays ses spécificités, nous tirons profits de toutes les expériences proches à ces spécificités.

M.I : C’est une cause nationale, les partis politiques ont enclenché des discussions à ce sujet, et ce n’est pas seulement votre projet ?
K.O.E : Ne seriez-vous pas à l’intérieur de l’unité nationale ?

M.I : Il paraît dans votre discours que vous imposez une tutelle sur l’affaire du Sahara ?
K.O.E : C’est une veille mentalité que nous essayons de changer. Sa Majesté le Roi décidera sur ces questions de réconciliation entre les différents partenaires de l’intérieur, et entre ceux-ci et ceux de l’extérieur.

M.I : Ce discours a duré depuis 30 ans, et n’a aboutit à aucun résultat, et vous en êtes aussi responsable à travers votre gestion communale.
K.O.E : Quelle gestion ? A Laayoune ? Je suis président de son Conseil municipal depuis 1983.

M.I : Le monopole des privilèges ?
K.O.E : Je n’ai peur d’aucune question à ce propos. Je suis président du Conseil municipal de Laayoune durant 23 ans, et Laayoune d’aujourd’hui n’est pas la ville de 1983. C’est une grande ville civilisée avec beaucoup de réalisations, elle fait partie du bureau permanent de l’Organisation des villes arabes où ne sont représentées que des capitales, à l’instar de la Mecque, Médine et Jérusalem.

M.I : Le citoyen vous considère comme un des notables qui ont bénéficié des ressources de la région. Et un fossé qui se creuse jour après jour, vous sépare des gens ?
K.O.E : Allons nous en discuter, vous avez dit des privilèges. Quels privilèges, est-ce sur terre, en mer ou dans l’air ?

M.I : Peut-être les trois.

M.A : Evitons un débat en duel.
K.O.E : Non, je veux ce type de débat, car il me permet de corriger de fausses idées. Tu veux savoir ce qui se passe en mer ?

M.I : Par exemple.
K.O.E : Personnellement, je ne sais pas qui bénéficie de la mer.
Je ne possède aucun bien en rapport à l’air, idem pour la terre.
Vous avez dit le sable.

M.I : Par exemple.
K.O.E : Le sable au Sahara ne ressemble pas à la situation des carrières de sable dans les provinces du nord, où il s’offre comme privilège à une ou plusieurs personnes. Au Sahara le sable est parfait.
Le sable exporté à Las Palmas, n’est pas considéré comme un privilège, car il existe 80 sociétés exportatrices de sable. C’est une question de débrouillardise, et celui qui a le plus de clients en Espagne exporte plus. A ce sujet, il n’y a aucune autorisation.

M.I : Même pas de loi ?
K.O.E : Même pas.

M.I : Ce sont des ressources de la région et du Maroc ?
K.O.E : Est-ce que tu veux interdire aux gens d’exporter le sable ?

M.I : Oui, ce sont des ressources du Maroc.
K.O.E : Le sable est un fardeau, nous cherchons un allègement de ce problème.
Depuis 30 ans, je suis dans les rouages de l’Etat, et je ne possède aucun privilège de l’Etat marocain.

M.I : 30 ans durant lesquelles l’ex ministre de l’intérieur Driss BASRI a crée des notables qui ont bénéficié des ressources de la région, on a interdit l’action politique des partis nationalistes. C’est un des problèmes que combattent actuellement les fils Sahraouis ?
K.O.E : Quels fils, je ne suis pas parmi eux ?

M.I : Des manifestations étaient dirigées contre votre personne à Laayoune ?
K.O.E : Pas du tout, personnellement j’aide à calmer les manifestations. Il faudrait corriger vos informations. Je n’appartiens ni à Driss BASRI ni à l’ancienne Ministère de l’Intérieur, au contraire je l’ai combattu lorsque ce ministère était tout puissant, au moment où tout le monde, de gauche comme de droite le craignait.
Tout ce qui ce dit sur le Sahara au sujet des privilèges ou de rentes, c’est du mensonge.

M.A : Défendez-vous les dirigeants Algériens ?
K.O.E : Je ne défends pas les dirigeants Algériens. Je manifeste à haute voix ce que dit l’Algérie.

M.A : L’Algérie intensifie ses positions envers le Maroc, chaque fois que les prix du pétrole flambent.
K.O.E : C’est du n’importe quoi. L’Algérie est un Etat voisin, il a droit a acheter ce qu’il veut, nous souhaitons la prospérité à son peuple, chose qui nous réjouit.
Nous exhortons les Algériens à ce que s’instaure une compréhension mutuelle afin d’édifier le Maghreb Arabe.

M.Ay : Dans le sens de vos idées, des voix s’élèvent en Algérie,  Louisa Hannoun entre autres, demandent aux responsables Algériens de laisser ce dossier, et de refuser l’instauration d’un Etat fantôme, et de chercher un bon voisinage avec le Maroc.
K.O.E : Il faut effectivement aider ce courant.

M.Ay : Mais ceci est a l’opposé de ce que vous dites ?
K.O.E : Non, nous souhaitons aider tous les courants.

M.Ay : Laissez-moi clarifier : Louisa Hannoun, Ben Bella et autres, sont des personnes qui s’opposent à la position officielle Algérienne.
K.O.E : Nous, nous voulons Bouteflika.

M.Ay : Comme Conseil, ne pensez-vous pas à une ouverture sur ces voix, et d’en renforcer la portée ?
K.O.E : Nous souhaitons l’ouverture sur toute l’Algérie, et envers son excellence le Président Abdelaziz Bouteflika que j’ai eu déjà l’honneur de connaître lorsqu’il était le célèbre Ministre des Affaires Etrangères, pour dire que nous sommes des vrais Sahraouis.

M.Ay : Un célèbre Ministre qui défend le séparatisme ?
K.O.E : Non, un célèbre Ministre d’un Etat arabo-musulman voisin du Maroc. Nous disons à son Excellence que nous voulons qu’il nous reconnaisse comme Sahraouis marocains jouissant d’une autonomie dans la gestion de nos affaires. Qu’il nous concilie avec nos frères qui sont ses invités.

Nous disons, aujourd’hui et demain, au Président, au Gouvernement et au Peuple algérien, que le Polisario n’est pas le représentant unique et légitime des Sahraouis, et que la République Arabe Sahraouie démocratique n’existe en aucun espace sauf à Hassi Rabonni, à 20 Km de Tindouf.
Nous leur disons que ce projet préserve la face de toutes les parties. L’Algérie a défendu une frange des Sahraouis, et il est gagnant tant que les Sahraouis réalisent leurs vœux.

A.A : Serait-ce une galanterie ?
K.O.E : Non, c’est un nouveau langage.

A.A : Un nouveau Langage ?
K.O.E : Oui, parce que le Conseil est nouveau, et adopte un langage de réconciliation.

A.A : Votre déclaration concernant le souhait de rencontrer les dirigeants Algériens, ne dépasse-t-elle pas les compétences du Conseil, qui ne sont que consultatives se limitant à faire des propositions au Roi ?
K.O.E : En patriotisme, la jalousie n’est pas permise. C’est une contribution à la solution du problème. C’est pourquoi toutes les initiatives à ce niveau sont louables.
La porte est ouverte à toute contribution de tous les marocains à cette cause nationale.

A.A : Ne serait-ce pas le rôle de la diplomatie Marocaine ?
K.O.E : Nous sommes dans un même creuset derrière Sa Majesté le Roi. A chacun son rôle.

M.A : L’autonomie est considérée par certains, comme une régionalisation élargie, ce qui nécessite une conformité avec la Constitution. Y a-t-il donc besoin d’amendement à la Constitution ?
K.O.E : Les compétences d’amendement reviennent à Sa Majesté le Roi ou à la demande des 2/3 du Parlement. Cependant, cet amendement est évident en cas de changement dans le système administratif du Royaume du Maroc.

A.A : Le Maroc a présenté un projet d’autonomie en 2003 mais sans suite, car il ne mentionnait pas le principe de référendum à la fin de la phase transitoire comme l’avait proposé James Baker.  
Prévoyez-vous le refus des parties prenantes et même de la communauté internationale, si vous présentez un projet qui ne contienne pas de disposition liées au référendum?
K.O.E : Soyons d’accord sur une chose, c’est que le référendum basé sur l’identification est une première pour l’ONU. Il n’existe aucun projet depuis 1945 où les Nations Unies ont organisé un référendum par le biais de l’identification. Il y a par contre des cas de référendums dans des régions qui connaissent des problèmes religieux, éthniques ou territoriaux. 

A.A : On parlait à un moment de plan de règlement basé sur le Référendum, il était rejeté même par le Polisario.
K.O.E : Le Polisario revendique toujours l’autodétermination.
Je vous dis Monsieur Anouzla, même l’ONU est convaincue de l’impossibilité du Référendum au niveau technique. Car ceci nécessite une consultation qui englobe tous les Sahraouis qu’ils soient en Algérie ou en Mauritanie. Et cela mène à un changement de frontières des trois pays.

M.A : Comment vouloir revendiquer l’autodétermination  et se considérer une entité étatique à part entière ?
K.O.E : C’est une des contradictions que l’on discutera à notre arrivée à Alger.

M.I : Ne voyez-vous pas que vous avez parlé des compétences élargies du Conseil, non décrites au Dahir ?
K.O.E : Est-ce que vous avez lu le Dahir ?

M.I : Oui, l’affaire du Sahara est une cause nationale, une cause de tous les partis politiques. Il y a des lignes rouges qu’on ne peut dépasser. Les partis nationaux ont lutté pendant des décennies pour la libération du Sahara. Maintenant vous semblez imposer une tutelle sur l’affaire du Sahara.
K.O.E : C’est une tromperie. Le Dahir affirme que le rôle essentiel du Conseil Royal est d’assister sa Majesté le Roi à conserver l’unité territoriale et l’unité nationale du Royaume du Maroc. Les partis politiques font partie de l’unité nationale.

M.A : Nous connaissons les difficultés en ce qui concerne l’écoute directe des Sahraouis marocains séquestrés à Tindouf.
K.O.E : Est-ce qu’en tout cas nous sommes d’accord sur l’impossibilité d’un référendum d’autodétermination ?

A.A : Selon vous.
K.O.E : Non, selon l’avis de tous les Sahraouis. Si nous voulons organiser un référendum d’autodétermination, il faut changer les frontières.

A.A: James Baker…
K.O.E : Le Maroc a refusé le Projet de James Baker, et il est impossible de le prendre en considération.

A.A : Cette  affaire reste maroco-marocaine, comme vous avez dit.
K.O.E : Si le Référendum devrait être organisé sur la totalité de l’espace territorial concerné : de Bouizakaren à ElGuirat, de Laabadla à Tindouf, et de Bir Boukrine à Nouadibou.
Le Référendum ne me fait pas peur.

M.A : Et l’autre partie Monsieur le Président ?
K.O.E : Est-ce que l’ONU peut changer le tracé des frontières des trois pays ?

M.A : Mais où se situe l’Algérie ?
K.O.E : L’Algérie est un pays frère, et entre peuples voisins existent des droits mutuels. C’est le pays le plus proche au Maroc au niveau des habitudes, de l’histoire et des comportements. Et j’entends toujours que l’Algérie n’est pas davantage partie au conflit qui ne concerne plus que le Maroc et les Sahraouis.

L’Algérie est un pays respectable, de par son histoire et sa guerre de libération. L’Algérie est par ailleurs connue par son orgueil. Les Algériens et leur président ont déclaré qu’ils ne sont pas partie au conflit. Oui ils ne le sont pas et ne devraient pas l’être.

M.A : Le 27 février 2002, le président Bouteflika a visité la pseudo République Sahraouie dans les camps de Tindouf. Il a adressé une lettre au président du Polisario précisant que son pays n’admet pas la situation de fait. Le 08 février 2002, le président Algérien adresse au Secrétaire Général de l’ONU une lettre affirmant que l’affaire du Sahara est une question de décolonisation, que le conflit est entre le peuple « Sahraoui » et les forces d’occupation, et que le conflit n’est pas Algéro-marocain. Le 08 novembre 2004, il fait un accueil officiel avec cérémonie protocolaire officielle à Abdelaziz El Marrakchi.
K.O.E : Le problème n’est pas maroco-algérien. L’Algérie s’est intéressé incidemment au problème du Sahara, à l’ancienne époque totalitaire au moment où l’actuel président était Ministre des Affaires Etrangères.

M.A : Mais il s’agit de 2004 !
K.O.E : Je vois d’autres choses, hier le Ministre Algérien des Affaires Etrangères, Mohamed Bédjaoui a déclaré à Washington que son pays n’est pas parti au conflit, que l’affaire du Sahara concerne le Maroc et les Sahraouis.

M.E : Pourquoi l’Algérie mène-t-elle des manœuvres contre le Maroc au sein de l’unité Africaine, l’ex OUA et des organisations internationales ?
K.O.E : C’est de notre responsabilité, nous n’avons pas eu un vrai projet, on parlait juste de possibilités d’un projet, pour moi, je prends les choses par leur dénouement.

M.Ay : Est-ce parce que la communauté internationale se dirige vers une solution politique, dépassant la thèse algérienne.
K.O.E : Actuellement, on a un projet.

A.A : Mais quel est ce projet ?
K.O.E : C’est l’autonomie.

A.A : Est-ce est une déclaration ?
K.O.E : Non, sa Majesté le Roi a consulté les partis politiques, et consultera prochainement avec le Conseil Royal Consultatif afin de finaliser le projet marocain. Les consultations sont en cours et c’est la raison pour laquelle le Maroc n’a pas présenté son projet à l’ONU en Avril.

A.A : Ne serait-ce pas une tentative de gagner le temps ?
K.O.E : Non, le Conseil est crée le 25 Mars, a tenu sa première séance entre le 4 et 6 Avril, et n’a pas encore tenu une séance spéciale pour débattre de ce sujet.

A.A : Quelle est votre proposition au sujet de l’autonomie ?
K.O.E : En dépit de ce qui se dit, l’Algérie est un pays de raison, imprégné de sagesse et de clairvoyance. J’ai accompagné de près la période de guerre puisque j’étais membre du Conseil Supérieur de la Défense, et devant des situations très graves, l’Algérie n’a jamais pris position dans un sens négatif.

M.I : Et qu’en est-il d’Amgala ?
K.O.E : C’est un accident de parcours. Actuellement, notre objectif est de trouver des solutions et non pas de compliquer les choses. L’Algérie déclare qu’il n’est parti, il faut juger les intentions. On va leur demander la fermeture de l’ambassade du Polisario à Alger.   
En tout état de cause, j’adhère à l’idée que l’Algérie n’est pas partie au conflit.

M.A : Qu’en est-il de l’appareil militaire à Tindouf ?
K.O.E : Les Algériens ont accueilli nos cousins à Tindouf. Nous les remercions pour ce geste humanitaire, mais l’hospitalité légitime ne devrait dépasser trois jours. Pour cela nous insistons sur le fait que le projet marocain apporte une solution à toutes les parties et préserve la face à tout le monde.
L’Algérie est un Etat de principe ayant accueilli des fils en désaccord avec leurs parents, c’est un devoir pour tout musulman. 

Aujourd’hui les choses ont changé. Les gens résidant à Tindouf ne sont plus menacés, leur retour n’est ni capitulation, ni défaite. Tout le combat mené pour gagner dignement ses droits économiques et culturels, est garanti par l’autonomie. Et accepter l’autonomie ne signifie pas une défaite, et loin s’en faut l’Algérie - que dieu la bénisse - a atteint l’objectif recherché.

L’autonomie préserve la face de toutes les parties, elle pose les fondements d’un Maghreb Arabe, et permet la réconciliation et la solidarité.
On ouvrira sûrement à ce propos une discussion avec les Algériens.

A.A : Partant de la composition actuelle du Conseil, on constate la présence de représentants de provinces qui n’appartient pas à la région du Sahara et qui sont objet de conflit. Est-ce que l’autonomie s’étendra à ces provinces ?
K.O.E : C’est une question prématurée. La présence de ces personnes au Conseil constitue une force morale, car ils font partie de l’unité nationale, c’est une valeur ajoutée permettant de réaliser nos objectifs essentiels.

M.I : Est-ce que l’autonomie ou la régionalisation concerne l’espace géographique sujet de conflit ou s’étendra à d’autres  régions pour des raisons sociales ou culturelles ?
K.O.E : C’est une question prématurée. La consultation Royale n’a pas encore commencé et cela a rapport avec cette consultation.

M.A : Comme spécialiste de dossier et en qualité de président du Conseil Royal,  il parait que des erreurs ont été constatées dans la gestion du dossier du Sahara. Qu’en est-il précisément des erreurs diplomatiques ? Est-ce que le retrait du Maroc de l’organisation de l’unité Africaine (OUA) était-il justifié ? Et peut-on dire que la politique de la chaise vide n’a pas eu des résultats négatifs ?
K.O.E : On ne peut pas comparer ce qui s’est passé dans un contexte donné avec l’actualité d’aujourd’hui. Le retrait était conditionné par des circonstances de l’époque. Parler de chaise vide au sein de l’OUA est difficile ; mais certainement on a fait d’autres choix.

M.I : Par quelle partie les erreurs ont été commises ? Est-ce du fait du monopole du dossier par Driss Bassri ? Ou parce que le dossier était géré d’une manière inadéquate ?
K.O.E : Pour répondre, cela nécessiterait une encyclopédie, mais qui ne commet pas d’erreur. L’essentiel par contre c’est de corriger ses erreurs. Mais corriger le passé  ne peut se faire que par le suivi d’une politique différente. C’est mon opinion personnelle quoique les journaux n’y apportent pas beaucoup d’intérêt.

Grâce à Dieu on est sortie indemne de ce passé, et sa Majesté le Roi Mohammed VI que Dieu l’assiste a changé le cours vers la bonne direction.

A.A : Vos déclarations à la presse nationale avant le 25 Mars se contredit avec ce que vous dites.
K.O.E : Pas du tout, c’est une lecture différente.

M.Ay : Quel enseignement peut-on tirer de cette politique erronée ?
K.O.E : Elle n’était pas erronée dans sa totalité, il y avait des fautes, notamment le grand relâchement après le cessez-le-feu. Peut-être aussi le sentiment de victoire chez certaines personnes. Mais ceci est une question interne et sans rapport avec le problème du Sahara, quoique le sentiment de la victoire mène au relâchement. On croyait que le problème du Sahara était solutionné, et plus besoin de Sahraouis. C’était cela le déclenchement de tous les problèmes, et le ciel nous est tombé dessus.

M.I : Certaines personnes considèrent vos déclarations avant le 25 Mars, comme une pression de votre part. vos critiques à l’égard de la délégation ministérielle venue à Laayoune ont été interprétées comme une pression dans le but d’être nommé à la tête du Conseil.
K.O.E : Premièrement aucun marocain ne peut exercer une pression sur les décisions de Sa Majesté le Roi.

Les décisions de Sa Majesté le Roi ne peuvent être le résultat de pression de quiconque. En accueillant la délégation ministérielle qui se composait d’amis et de collègues, je ne vois en quoi j’ai pu exercer une pression sur ladite réunion. C’est une information non fondée rapportée par la presse. A ce propos le Conseil Royal veillera à ce que la presse s’abstienne de diffuser de fausses informations au sujet du Sahara, car cela nuit à la cause nationale. Ce qui nécessite que les journalistes fassent l’effort de chercher la vraie information à sa source.

M.A : Dans les diverses ramifications que connaît cette cause, certains s’enrichissent à travers l’aide humanitaire destiné aux séquestrés Sahraoui marocain, et d’autres sont impliqués dans des opérations d’enrollement et de transfert d’enfants vers  Cuba pour les préparer à toute sorte d’extrémisme. Comment pensez-vous mettre fin à cette hémorragie ?
K.O.E : Cela fait partie du travail du Conseil. On a envoyé un message significatif à toutes les organisations qui aident le Polisario à travers le monde, en demandant leur coopération en vue de mettre fin à ce problème.

Nous remercions ces ONG pour l’aide humanitaire fournis à nos frères de Tindouf, mais nous souhaitons qu’elles coopèrent davantage avec nous au niveau politique, afin de trouver une solution à ce problème dans le cadre du projet royal.

Q : On a vu que la réinsertion des détenus marocains à Tindouf, ayant regagné leur patri reste quel que peu ambiguë. Leurs dossiers ont été écartés des compétences du Conseil Consultatif des Droits de l’Homme et de l’Instance Equité et Réconciliation.
Comment peut-on garantir une juste réparation à ces gens, à même de servir de message clair envers la communauté internationale ?
K.O.E : Certes, ce problème des détenus est douloureux, tellement ils ont souffert de leur incarcération à Tindouf. Nous avons beaucoup de sympathie envers eux, et en cas de besoin nous veillerons à ce que leur situation soit prise en compte dans le cadre de la défense de l’intérêt national.

Q : L’Algérie vient de refuser un visa d’entrée au comédien marocain Jamal Debbouz  qui voulait participer à un spectacle à Alger au profit des handicapés de cette Wilaya, sous prétexte que Debbouz est un fervent défenseur de la marocanité du Sahara.
K.O.E : Ce sera un cas entre autres que l’on discutera et on leur demandera plus de visa.

Q : Qu’en est-il de Abdelaziz ElMarrakchi ?
K.O.E : Son nom est Mohamed Ou Ahmatou, son père est membre de l’actuel Conseil, et je saisi l’occasion de lui transmettre le salut de MaaElainine qui voudrait l’informer que Tan-Tan a changé et que Mkhizi Bakkouri est décédé.

Q: Et Mohamed Salem Ould Salek Franco?
K.O.E : Mon ami Franco. Ses fils désirent ardemment voir leurs cousins, idem pour ceux-ci qui aspirent à retourner à leur famille.

Q: Mohamed Sidati?
K.O.E : Son nom est Mohamed Laghdaf. Je voudrai lui dire que son frère Abdel Malek a organisé il y a deux jours une consultation de sort (prière de l’Istikhara), et l’a vu se balader avec une tenue chic sur le boulevard Mohammed V.

 

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